dimanche 25 janvier 2009

Le rayon vert

Quand on ne sait pas ce qu'il faut écouter ou voir, en un mot à quoi il faut faire attention, on n'entend ni ne voit rien. Deux expériences hier.
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J'ai bien tourné pendant la matinée d'hier dans les magasins de meubles.
J'ai des besoins simples en matière d'ameublement et le camping me convient plutôt bien, mais j'ai décidé de me reprendre en main. J'ai de quoi vivre tranquillement dans mon appartement, mais pas de quoi le rendre potable pour recevoir. Je vis encore dans le bordel, mais ce n'est pas que mon fait : je n'ai rien pour ranger ce qui traîne. Et si ça ne me dérange pas dans le quotidien, ça m'ennuie car cela rend mon appartement inapte à la réception. Depuis ma crémaillère de novembre, je n'ai invité personne à la maison. C'est pitoyable.
J'ai déjà fait un peu de travaux de couture pour mon grand bogolan abstrait à la Pollock et j'ai commencé à faire des trous dans les murs avec ma perceuse. La déco est un premier pas non négligeable, mais il faut aussi taper dans l'ameublement standard.
A minima, il faut que je me trouve une table basse, une console pour mettre mon nouvel ordinateur, un meuble pour ranger mes alcools (en particulier les rhums arrangés que j'ai commencé à concocter - pour l'instant citron, maracuja, pamplemousse, banane et datte - dans de jolis... ...pots à spaghettis - je n'ai pas encore trouvé mieux) et puis surtout un "meuble à bordel". J'ai fait des repérages significatifs et suis prêt de conclure. Sauf pour le meuble à bordel :-( Ca va venir j'espère...
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L'après-midi, c'était plage à l'hermitage avec Claudine et Sylvain. Beau temps, mer bien chaude... Un plaisir !!
J'ai appris à repérer le vendeur de glace. Il faut entendre la clochette. En fait, elle est immanquable. Sauf que, jusqu'à ce qu'ils m'expliquent qu'on le repérait à la clochette, je n'avais entendu aucun grelin alors qu'ils l'avaient déjà entendu passer plusieurs fois. Que faisaient mes oreilles ??
Le coucher de soleil a été plus troublant. L'horizon était très dégagé, et on a donc guetté le "rayon vert". Le dernier rayon de soleil quand il disparaît derrière l'horizon sur la mer est vert ; c'est un phénomène connu (Jules Verne en a fait un livre si je ne me trompe pas), mais que je n'avais jamais eu l'occasion de voir. Bêtement, je ne me suis pas vraiment demandé à quoi pouvait bien ressembler un "rayon vert" ; j'imaginais vaguement une sorte de fil vert tendu vers le ciel. Au moment précis, j'ai bien vu un genre de boursoufflure lumineuse sur l'horizon... Le soleil était couché.
"Ah ! On l'a bien vu !! C'était beau"
"??? hin ??? Mais j'ai rien vu !!!"
Il s'avère que cette petite boursoufflure était ce fameux rayon vert (qui est censé porter chance, soit dit en passant) ; mais j'imaginais une manifestation tellement différente que je n'ai même pas vu que ce point était vert. Je sais bien que je ne vois pas parfaitement les verts, mais quand même !! Contrairement aux marchands de glace, les rayons verts, c'est une fois par jour max par point du globe. Je n'ai donc pas pu refaire l'expérience maintenant que je sais mieux à quoi ressemble un rayon vert. Ce n'est que partie remise :-)

samedi 17 janvier 2009

Monsieur le Président...

Il peut être tentant, parfois, de faire dériver ce blog en une revue de presse quand je trouve des articles très intéressants qui disent plus clairement et synthétiquement ce que je peux avoir à l'esprit sur des sujets divers. J'essaie de ne pas y céder, mais, en l'espèce, j'ai fini par avoir très envie de partager un article marquant paru cette semaine dans le Monde.
Eva Joly a fait paraître dans l'édition du 15 janvier une lettre ouverte au sujet de la suppression du juge d'instruction pour réformer le système judiciaire. Tous les mots m'y semblent pesés et frappés au coin du bon sens, dans une forme limpide, la seule 'erreur' étant à ce qu'il paraît que la citation attribuée à Locke doit être ré-attribuée à Montesquieu :
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Monsieur le Président,
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Supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir politique. Votre discours ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les enquêtes. Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie, porte la marque du stratagème politique.
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Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant. Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire. La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques.
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Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs. John Locke l'a observé justement : "C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites." Il ne fait pas bon en France incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat en France peut en témoigner.
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Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France" ? Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus puissant de France, c'est vous. Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective.
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A de rares exceptions, en matière financière, il n'y a plus que des enquêtes préliminaires, et des dossiers bouclés dorment dans les tiroirs. La liste des enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à l'encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa.
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La justice aurait dû enquêter pour crever l'abcès. Elle ne l'a pas fait, laissant se répandre le poison du soupçon et le spectacle de l'impunité. Une justice dépendante, c'est une justice qui n'ouvre pas d'enquête lorsque les faits déplaisent au pouvoir. Rappelez-vous du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Il n'y eut jamais aucune enquête ! Aucune condamnation ! Parce que le parquet ne le jugea pas opportun.
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Est-ce cette face-là de la justice qu'il faut faire ressortir au XXIe siècle ? Le juge d'instruction est le fruit de notre histoire. Il n'existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d'arbitraire. Peu importe qui mène les enquêtes pourvu que les magistrats soient préservés des pressions ; pourvu que les investigations puissent être conduites, ne soient pas étouffées dans l'oeuf.
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Vous voulez confier les enquêtes au parquet ? Cela se peut, mais il faut alors rendre le parquet indépendant de votre pouvoir, ce qui, vous en conviendrez, n'a guère été votre choix. Les contempteurs des juges d'instruction affirment qu'il est impossible d'instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n'ayez l'intention d'accorder aux avocats un pouvoir d'enquête... Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l'image de la justice américaine.
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En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l'arbitraire et l'inégalité. Face à un projet qui foule aux pieds l'idéal de 1789 d'égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet.

mercredi 14 janvier 2009

Joie !

Tout attaché-statisticien sait que la campagne de mobilité peut réserver des surprises et qu'il ne faut pas tirer trop de plans sur la comète.
Soit.
Mais il ne faut pas bouder son plaisir quand de bons événements ont des probabilités "significativement" non nulles de se produire. Les bonnes nouvelles de la journée sont ainsi que, assez probablement, deux amis (que je nommerai pudiquement A. et E., dans la mesure où rien n'est encore acquis) vont venir me retrouver pour bosser sur l'île l'année prochaine.
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Avec ces deux-là en particulier, je vois l'horizon des possibles se démultiplier. Des vacances africaines ensemble (il ne manquerait plus que C. vienne aussi travailler ici...) en particulier m'ont prouvé qu'on avait des convergences d'esprit encore plus importantes que notre simple cotoiement parisien me l'avait laissé imaginer au départ.
Je vois s'entr'ouvrir des moments de Grâce à Madagascar, à Mayotte, dans l'intérieur oublié des Seychelles, qui sait ?, au Mozambique, en Afrique du Sud...
Qui sait encore ? La possibilité d'une grande colocation rêvée, vues sur montagne et océan, un verre de punch à la main dans la piscine...
Qui sait ? Les perspectives de longues soirées de palabre à faire du thé, comme au pays - eux comprennent ça -, ce genre de choses qui me manquent encore ici...
Qui sait ? Faire de la musique avec A. et écouter des trucs bizarres avec E....
Qui sait ?
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Je ne sais rien, mais je dois dire que, pour l'instant, je suis sur mon petit nuage !!

dimanche 11 janvier 2009

Etre sportif ?

Voilà un billet qui, j'en suis sûr, va en faire moukater certains.
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Ma délocalisation me fait réfléchir à plein de choses. Des choses compliquées et intellectuelles (je suis d'ailleurs en train de lire un livre d'Edouard Glissant en ce moment, ça méritera au moins un billet...), mais aussi des choses ultra terre-à-terre. Et ce qui me turlupine en ce moment, c'est qu'il n'est pas invraisemblable que je devienne (au moins un petit peu) sportif.
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Bien rigolé ? Je peux continuer ?
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J'en conviens, pour ceux qui me connaissent bien, cette assertion a tout pour surprendre.
Déjà, avec ma peau à la noix, je ne suis pas génétiquement très adapté à la dépense physique. Enfin, disons, pas très adapté à ces conséquences fréquentes, le choc et la gamelle, qui ont toutes les chances de m'envoyer en quarantaine fissa. Mais sur le principe, je n'ai rien contre courir, grimper, plonger, ramper, sauter, nager. Il faut quand même préciser que, si je n'ai rien contre toutes ces activités, je n'en vois pas trop trop l'intérêt si elles ne sont pas récréatives. Courir pour courir, grimper pour grimper, plonger pour plonger, ramper pour ramper, sauter pour sauter, nager pour nager, oui mais bon ! S'allonger sur l'herbe avec un bouquin sympa, c'est pas mal non plus.
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Avoir du muscle et avoir du souffle, je n'ai jamais vu l'intérêt de tout ça à Paris.
Bon, c'est pas négligeable pour draguer, par exemple, le muscle, mais de là en y voir "la" fin... J'avoue que je n'ai jamais trouvé la motivation.
C'est bon pour la santé ? Mouaif... Argument d'hygiéniste, très peu pour moi.
Pour pouvoir mieux courir, grimper, plonger, ramper, sauter, nager ? Mouaif... Le côté récréatif de ça à Paris, je ne le cerne pas très bien... ...ou alors dans le fantasme ("cet été à la plage (resp. à la montage, pour le ski etc.)... ...et le fantasme sportif, je suis pas super balaise...
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Bref, j'ai commencé à voir l'intérêt du muscle et du souffle. Ce qui est en soi une petite révolution dont je ne suis pas sûr de mesurer encore toutes les conséquences !!
Le muscle, je m'en suis rendu compte au bassin de la rivière Saint-Denis. L'autre jour, j'ai essayé de grimper sur (=escalader) la falaise pour monter sur une petite corniche, pour pouvoir me mettre en hauteur et sauter dans l'eau. A presque 30 ans, j'avoue que ça continue à me faire rigoler de sauter dans l'eau et de faire un gros plouf. Sauf que ce n'est pas comme à la piscine où il y a une échelle pour s'amuser à ça : là, il faut vraiment escalader.
La première fois, j'ai un peu arcandé, mais j'ai réussi. La seconde, j'ai failli me planter et tomber sur le caillou, ce qui aurait fait très très mal (genre pas loin du fait divers). J'ai dérapé en grimpant et je suis resté acroché par un bras à une petite infractuosité en agitant lamentablement mes jambes pour reprendre appui. Résultat : ridicule, danger et élongation d'un muscle du dos. La leçon de l'affaire : renoncer au jeu ou alors gagner les muscules qui font qu'on peut s'amuser sans risque.
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Le souffle, je l'ai réalisé pleinement aujourd'hui. Je ne me débrouille pas si mal que ça dans la marche, au final, sauf bien sûr s'il faut monter une grosse côte juste après avoir fini une clope ou autre ; fier de cette qualité (?), je ne m'étais pas franchement posé le problème.
Aujourd'hui, on a été aux bassins la Paix et la Mer avec Caroline, Cédric, Claire, Kristof, Bruno, Florence et Quentin. Jolie sortie, vous verrez des photos dans un billet à venir. Ces bassins sont nettement plus grands que ceux auxquels j'avais déjà été. Et je me suis aperçu, dépité, que je peinais à nager sur la longueur : manque de muscle, bien sûr, mais aussi manque de souffle. Et pendant ce temps-là, le petit Quentin allait et venait, jetait un coup d'oeil dans la grotte, grimpait sur les orgues basaltiques, plongeait, revenait vers nous, allait faire un tour jusqu'à la cascade. Bon, ok, c'est un putain de sportif, ce gars. Mais quand même, je me disais, le regardant, que j'aurais bien aimé m'amuser comme ça aussi...
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Il m'a manqué jusqu'à présent les occasions pour pouvoir voir l'effort (et le sport) comme un moyen pour pouvoir m'amuser. Ce qui me semble en train de changer avec ce nouvel environnement qui m'est offert... Oserais-je avouer que j'ai acheté le week-end dernier des petites haltères pour commencer (doucement, faut pas non plus délirer !) à muscler mes pectoraux et mes épaules ?
Zamalia va-t-elle faire de moi un sportif musclé ??

lundi 5 janvier 2009

Petite rando

Et puis pour bien commencer l'année, on est parti marcher.
Claire et Caroline ont joué les GO pour trouver de quoi faire pour ceux qui croient ne pas pouvoir marcher. Trois jours, deux nuits. Sept personnes mobilisées : Claire, Caroline, Cédric, Claudine, Sylvain, moi et un inconn, Quentin, "qui travaille dans les arbres" et qui devrait pouvoir nous expliquer des trucs.
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Départ le 2 dans l'après-midi. Cédric, Claudine et Sylvain sont partis plus tôt en une voiture. Comme je dois réceptionner une bibliothèque dans la journée, je dois faire le chauffeur pour les quatre autres : rendez-vous à 15h30 chez Caroline. Finalement, le jeune Quentin (20 ans au compteur) roule aussi car il veut partir plus tôt et aller plonger à Sainte-Rose le dimanche. C'est un garçon très sympathique et ressemble extrême à Guillaume, c'est très troublant. Effectivement, il bosse "dans les arbres", mais d'une manière un peu plus directe que ce que j'avais compris : ce petit belge aux beaux yeux bleus et à l'accent caricatural à souhait est... ...élagueur, et travaille pour une société dont il fallait oser le nom : jardinator (j'espère bien récupérer au moins un tee-shirt et une casquette). La C4, même à trois, est remplie ras-le-coffre.
La montée jusqu'à la Plaine des Palmistes est toujours aussi belle. On trouve assez facilement le gite où nous attendent les trois autres. La soirée se passe gentiment. Apéro avec le rhum-coco de Claudine, on va acheter des pizzas.
On décide de se faire un petit poker ; Quentin va chercher des cartes que lui a laissées un de ses anciens collègues ; il compte, le jeu est complet, cool :-) On n'a pas de jetons, alors on découpe les cartons de pizzas en petits bouts et on marque nos sous comme ça. Ca prend déjà une plombe d'activités manuelles pour y arriver.
Premier tour de jeu ; je reçois un joker. On cherche l'autre et on redistribue.
Tout va bien ; mise ; trois cartes retournées ; re-mise. Nouvelle carte... et blanc... On se regarde un peu décontenancé... Un cinq de pique vient d'être retourné alors qu'il y en avait déjà un sur la table...
"Mais pourtant, j'ai bien compté 54 tout à l'heure !!"
On trie... Le jeu est un mélange : une dizaine de cartes manquent, et il y a le même compte en double... plouf, plouf...
Reste plus qu'à taguer les cartes en double...
On aura finalement pris autant de temps à préparer le jeu qu'à jouer.
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Petit dèj à l'arrache le lendemain. On se presse un petit peu, car, comme toujours l'idée est de prendre les nuages de vitesse. Une petite demie-heure de voiture pour traverser la forêt de Bélouve et arriver au parking, afin de commencer notre marche vers le "trou de fer". C'est très humide, on patauge un petit peu, mais c'est quand même relativement aisé car il y a des caibotis presque partout. C'est presque trop simple de ce point de vue, et je n'aime pas trop les volées de marches. Je dois quand même avouer que ces marches sont bien faites ; pas trop grandes, pas trop larges, pas trop hautes. On traverse la forêt dense (j'apprends à reconnaître un cryptoméria), c'est ombragé, c'est joli. Il fait quand même très chaud.
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[photos à venir]
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Le point de vue sur le trou de fer est vraiment un endroit impressionnant. Gigantesque chute d'eau dans une ravine assez encaissée, où le flux explose en de multiples goutelettes qui forment des arc-en-ciel changeants. C'est très très beau. On reste un petit moment, mais le point de vue est petit et tous les marcheurs font halte ici (forcément...) et on est un peu serrés. La brume arrive, cache, découvre, recache et redécouvre le panorama ; c'est également un spectacle en soi.
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Plutôt que de reprendre la piste pour aller au gite de la forêt faire une autre petite pause, on décide de prendre le "sentier". Bonne idée dans l'absolu, c'est plus sauvage. Mauvaise idée dans le contexte car on s'est pris un gros gros grain sur la tête : trempés de la tête aux pieds et des pieds à la tête, dessus, dessous. Partout. On aurait sauté dans un bassin que cela n'aurait pas été différent.
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[photos à venir]
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C'est une chose. L'autre est que le sentier, déjà bien boueux, devient très boueux. Le parcours reste faisable, mais c'est quand même moins pépère que la première partie.
Les cafés et chocolats chauds au gite sont vraiment bienvenus. On n'arrive pas trop à sécher, mais tant pis, on est contents d'être là :-)
Pas loin du gite, on donne sur le vide et on est censé avoir une super vue sur Salazie, mais les nuages nous jouent des tours : on ne pourra rien voir.
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Retour aux voitures. La mission, cette fois, est de trouver un endroit pour bivouaquer dans la forêt. Les piques-niques familiaux (et autres) sont en train de se terminer. On furte de ci de là, et on trouve notre bonheur : carbet tranquille, avec suffisamment de terrain plat autour pour poser les tentes. Quentin est un homme-de-la-forêt et décide qu'il fera un feu et se foutant bien des conditions extérieures. Retour de la pluie ? On s'en fout ! Bois mouillé ? On s'en fout ! etc. Il va et vient et ramène fagot trempé sur fagot trempé. Il y met du sien, le bougre ! Ca fait pas très boyscout, avec l'essence et l'huile, mais bon ! Ca finit même par bien bien prendre, malgré les bois mouillé et le retour de pluie. On papote sous le carbet. On commente beaucoup le ballet des voitures ; on est quand même en pleine nature !! On est à peu près tous convaincus que beaucoup de couples pas trop trop officiels viennent se retrouver ici la nuit venue, un peu comme sur la descente de la Montagne, à Saint-Denis. C'est assez rigolo.
Mais j'avoue que je suis parfois un peu décontenancé dans certains détours de conversation car je n'ai pas encore bien adapté mes réflexes de palabreur. Par exemple être moins tranchant dans les racourcis sociologiques. Je ne peux plus dire de but en blanc, dans une palabre sur l'odeur du tabac, que la (bonne) odeur comme le (bon) goût est une construction sociale. Il faut re-bâtir les raisonnements, re-trouver de bons exemples, pour ne serait-ce que rendre l'idée discutable... D'un côté c'est bien car ça évite de tourner en rond et oblige à refonder ce à quoi on croit, et en même temps, c'est terriblement fatigant...
C'est tout de même agréable, et on finit en rond (debouts...) autour du feu.
Comme on a oublié de prendre des bougies, on ne se met pas si tard sous les tentes. Je peine un peu à dormir ; j'entends Cédric et Sylvain ronfler à qui mieux mieux, un peu au loin, puis les filles glousser un peu, plus proches... Et enfin, mon Quentin, avec qui je partage ma tente, se met lui aussi à ronfler... Pfffff... Je me dis que la vie est pas facile, des fois...
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La nuit n'est pas d'enfer, mais j'émerge tôt car Quentin, pourtant précautionneux, me réveille en se levant. Je l'entends racasser et ne tarde pas trop à le suivre. On prend le frais et on se gave de letchis en attendant que les autres se lèvent.
Petit dèj avec café froid. J'aurais dû prendre du charbon, mes théières et ma cafetière italienne. Pour une prochaine fois... On s'active tout doucement, et tout est rangé pour 8h30. C'est l'heure à laquelle les chasseurs de carbets arrivent pour réserver pour le pique-nique familial à suivre. On hallucine un peu, mais on comprendra au retour : le dimanche, les coins de pique-nique de cette jolie forêt de Bélouve sont PRIS D'ASSAUT !!!
Quentin part pour Sainte-Rose. Claudine et Sylvain se rentrent finalement car la crise d'épilepsie n'est peut-être pas loin. On récupère donc Cédric dans la C4...
Direction : Cassé de Takamaka. Le chemin doit être facile... ... ...quand il est sec. Et ce n'est pas trop le cas. On a rapidement de la boue partout, les pieds trempés, on glisse tous les dix pas, on se tient aux branches... Le "randonneur classe" (chemise blanche, petites baskets, pantalon en toile) qu'on croise au tout début du chemin sera un sujet de conversation récurrent (mais comment a-t-il fait ??)
Mais ça vaut carrément le coup ; le point de vue est, là aussi, saisissant.
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Sur le chemin du retour, on prend à gauche vers la grotte et le bassin aux hirondelles. Très beau !! Mais très très froid !!!
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Petit bain, petit pique-nique avec les restes (au fait ? on ouvre comment une boîte de conserve quand on n'a pas d'ouvre-boîte ? bah avec une pierre !!).
Retour à Saint-Denis. Descendre vers la mer par le chemin de la plaine des palmistes, c'est encore plus beau que la montée, car on a la mer en point de mire... Bluffant !!!
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Bilan : excellent week-end alors qu'on était un groupe plutôt hétérogène. C'est super que, dans un groupe où un monde peut séparer ses éléments pris deux à deux, ça puisse si bien marcher. Je sais que certains font des efforts par rapport à d'autres (et certainement quelques uns par rapport à moi aussi, évidemment), mais je trouve très positif qu'on soit tous capables de les faire, ces efforts. Dans un autre contexte, en particulier si certains n'étaient pas des transplantés, on ne les aurait probablement pas faits, et ç'aurait été finalement dommage car on apprend plus sur soi dans ces conditions. Ces efforts, en fait, ne me coûtent plus, alors qu'il y a quelques semaines seulement (grosso modo jusqu'à ce que Selim et Elodie ne viennent et contribuent à me faire mentalement atterrir) ce n'était pas encore le cas. C'est bien.

Fin d'année sous le tropique du capricorne

En plein été austral, les fêtes de fin d'année n'ont pas le même goût qu'en métropole.
La première fête, j'en ai déjà parlé rapidement, c'est la fête de l'abolition de l'esclavage à la Réunion.
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Noël suit de peu. Mais j'ai peiné à réaliser son approche. Je n'ai pas particulièrement traîné dans les rues et léché les devantures, mais il y a beaucoup moins de décorations et de signaux typiques comme on les rencontre au nord. Sauf à la marge, pas de huttes scandinaves, pas de lutins, pas de Pères Noël, pas de rennes...
On a passé notre réveillon sur la plage, à l'hermitage, là où on peut aller regarder les poissons multicolores avec masque et tuba. Avec Claudine, Sylvain, Cédric et Caroline, on a été planter la tente à côté du bungalo de Bruno et de sa smala. On y a mis un peu les formes, du foie gras (qui fond avec la chaleur :-S), de la pintade, du bon vin (qu'on ne chambre qu'au frigo :-S) et du champagne. Mais ce n'était pas, pour nous en tout cas, très familial. Quoique... Je me suis surpris à me réinventer un peu de famille, d'une certaine manière : Mélissa en petite soeur, Bertrand et Raphaël en petits frères, Caroline en cousine, Bruno et Florence en jeunes oncle et tante. C'est bizarre comment on fonctionne...
C'était en tout cas une soirée très sympa. Apéro sur la plage, champagne sous la lune dans le lagon après le repas, jeu avec des petites fusées d'artifice. On a même un peu dansé, et la soirée a été longue car j'ai joué ensuite au ping-pong avec Bertrand et Raphaël jusqu'à 7h du matin... Baignade dans la matinée du 25, grill au soleil, pique-nique...
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La Saint-Sylvestre a également été tropicale. J'étais invité chez Claire, une de mes collègues, qui a organisé une grande grande fête. Grande maison, piscine, bref l'idéale pour organiser ce genre de soirées. J'ai craint au début une fête "entre soi" (i.e. entre INSEE) et peut-être un peu fingée et vieillote. Grande erreur. Orgie de nourriture, de punch, de bouteilles de champagne. Pas mal de gens différents et sympathiques, bonne musique pour gincher (j'ai contribué :-)), feu d'artifice... Au final, nuit blanche, à moitié dans la piscine en buvant le champagne pour se rafraichir, à moitié à gincher... Zouk, séga, valse tahitienne, disco, coupé-décalé, salsa... Matinée plus cool pour reprendre pied, longue partie de poker, re-piscine (même à 29°, l'eau paraissait fraiche, c'est dire si le beau temps était au rendez-vous).
Là non plus, ça ne ressemblait à rien de connu. Ni de nouvel an ni d'ailleurs pour moi. Le décor donnait une impression presque "jet set", sauf qu'il y avait un vrai faya gentil et aimable. Super soirée :-)
(PS : je vous mets des photos un peu plus tard car j'ai des problèmes avec mon ordinateur... ... ...qui ne démarre plus qu'en mode sans échec ; c'est un peu la galère avec le cd d'installation de win resté en métropole...)