dimanche 28 juin 2009

L'île aux parfums, version farniente

Déjà de retour à Saint-Denis après ma dizaine de jours de break à Mayotte.
.
Le séjour a été très différent de ce que j'avais un peu imaginé au départ, mais l'objectif principal a été atteint : oublier les problèmes d'échantillonnage, de calage, de formations d'enquêteurs, les tensions dans la DR dues au "Moyen-Terme" moyen-âgeux et au passage en interrégion structurée avec Mayotte - je vous raconterai ça une autre fois.
.
Ma tête s'est donc bien vidée, et il y a eu pas mal de moments bien sympas, même si, définitivement, les vacances en solo, c'est pas pour moi.
J'attends déjà mes prochaines vacances là-bas avec impatience, avec quiconque voudra bien m'accompagner !! Il paraît qu'il y a un festival de musique sympa en octobre, avec des musiciens de tout l'Océan indien et de l'Afrique proche. Ce sera peut-être l'occasion ?
.
En attendant, voici par le menu (mais egayé de quelques photos du 976, de moi cette fois) ces petites vacances.
.
.
Je suis parti en solo vendredi 18 ; Claudine m'a emmené le matin à l'aéroport, et "hop dans l'avion". Un vrai départ en va-nus-pieds : sac minimal, pas de projets particuliers - si ce n'est voir un peu mes nouveaux amis VCAT, espérer nager avec les tortues du lagon pour savoir à quoi ça ressemble in vivo -, et quand même un petit guide chopé à l'arrache l'avant-veille du départ pour avoir quelques plans et les clefs de la maison de Françoise.
.
Arrivé à l'aéroport de Pamandzi, j'ai pas mal attendu pour prendre un taxi. Déjà, on espérait se croiser avec Françoise puisqu'elle rentrait ce même jour pour ses propres vacances à la Réunion (finalement nada), et puis c'était franchement l'anarchie. Infiniment plus que l'autre fois. Il y avait pas mal de grands groupes de mahorais qui revenaient au pays, et qui prenaient les taxis d'assaut dans tous les sens. Je me suis posé à l'ombre et j'ai attendu un peu de retour au calme. Du coup, j'ai eu la barge pour Grande-Terre direct (après tout, attendre ici ou là...). Pas autant de magie que la première fois : le lagon est un peu moins splendide en cette saison. Plus de vagues ; moins de jeux de couleurs subtiles dans le soleil. L'hiver est là aussi. Et puis j'avais encore un peu la tête en vrac et j'étais las des dernières semaines.
On débarque à Mamoudzou, je pars à pied vers Kawéni en longeant la mangrove pour me chercher une voiture ; sous le soleil, je me dis que 5 kgs de fringues, c'est déjà bien trop ! Je récupère une petite C1 essence ; juste ce qu'il faut, si ce n'est son côté "essence" qui m'a fait caler et re-caler régulièrement les tout premiers jours. Une fois motorisé, je poursuis jusqu'au Jumbo pour faire quelques courses et me rentre directement chez Françoise.
J'avais en tête de partir tout de suite me metter à l'eau quelque part, mais finalement je ne décolle plus du week-end. Trop nase, et même migraineux, je mange (un peu), je dors (beaucoup, jusqu'à 15/16 heures par jour), je mate des conneries à la télé, je bouquine mon Petit Futé.
C'est une entrée en matière assez alternative, mais je crois que j'avais besoin aussi d'un repos total.
.
Lundi, je me prends en main. Dans la matinée, j'envoie un texto à Julia pour voir si je peux passer à l'Antenne et manger avec eux le midi, puis je pars me promener en ville, prendre l'air, prendre l'ambiance... ...et choper des savates car les "chaussures de mariage", c'est quand même pas très adapté.
Le marché est à côté de la barge, il paraît que c'est sympa (dixit le Petit Futé) : bon endroit pour les savates ? Je déambule. Les vendeuses sont tranquilles, papotage et même sieste allongées au milieu de vêtements, chaussures en tout genre (mais pas de savates de base pour marcher des kilomètres !!! Un comble), tissus, sacs. Tout petit coin pour la bouffe, les épices. Je suis un peu déçu car j'avais en tête l'animation des marchés alimentaires à touche-touche et bien bruyants de mon Mali, mais c'est joliment coloré et peinard. Je repars vers les bouibouis du centre-ville quand Julia me rappelle. Il est en fait déjà presque midi et je rapplique rapidement pour aller manger avec les survivants de l'Antenne, très dépeuplée cette semaine : des vacances, et surtout, pour Camélia et Sandrine, c'est la saison des mamans (juste en avance de deux semaines par rapport à moi, finalement !!!).
Je m'achète un genre de carry et on mange avec Julia, Rosemina et Jidé qui en est à son dernier jour de vacances après un petit mois de touristes, et qui en a profité pour passer aussi. Très agréable moment qui se lance doucement avec quelques circonlocutions sur la vie à l'Antenne ces temps-ci ; pas plus sympa qu'à Saint-Denis, visiblement. Mais la conversation devient assez rapidement à la fois extrêmement intéressante et extrêmement drôle quand on se met à parler des djinns qui peuplent Mayotte, discutent avec les gens, voire les possèdent. Ca finit même dans un grand n'importe-quoi, entre les djinns chevelus qui boivent le rhum et qu'on pourrait trop rapidement assimiler à des rastamen nains et les possessions loufoques.
Je croise rapidement Sandrine (beaucoup trop rapidement :-(((( puisque ce sera la seule fois du séjour) qui est toujours aussi naturellement rayonnante, et on s'arrache avec Jidé. Après un rapide achat de billets de bateau pour les Comores par Jidé (pour ses prochaines vacances avec Julia) et d'un compromis de savates par moi (siglées AC Milan, pour 1,5 euros !!), on va boire des bières sur la plage de Sakouli. Jolie vue, bonne palabre. Camélia, sa petite maman et son petit frère Sofiane nous y retrouvent par hasard (Mayotte, c'est pas si grand, mais quand même !), mais ne restent pas longtemps. Le soleil se couche, on se rentre et je finis la soirée à M'Tsampere chez les VCAT. La palabre continue longtemps, c'est super intéressant, juste avec Camélia après que les uns et les autres aient déclaré forfait. J'apprends des tas de trucs, par exemple que "Comores" vient de "Qamar" (= la lune en arabe), d'où le sigle sur le drapeau. Je n'avais pas trop eu l'occasion de parler sérieusement avec Camélia la première fois, et elle se révèle être une fille d'enfer.
.
En rentrant, milieu de la nuit, je réalise un sentiment qui va se reproduire à chaque fois que je vais passer du temps avec ce petit groupe : une sorte de bien-être un peu amer.
Feeling spontané. Par exemple parler bouquins et ciné avec Julia, mangas et musique avec Jidé, de nos Afrique avec Sandrine, mais au final de tout et n'importe quoi avec chacun, sur un ton tranquille et non joué, avec des traits d'esprit voire des coloris surréalistes : tout ce que j'aime. Et ce bien-être est un peu teinté d'amertume, ou plutôt d'un peu de frustration. En effet, j'ai beau avoir rencontré des gens que j'aime franchement bien à la Run, je n'ai pas vraiment eu la chanche d'y rencontrer des gens avec qui le feeling passe aussi bien et aussi spontanément, à part peut-être Benoît et ses amis David et Anne, et dans une certaine mesure Samuel.
.
Mardi, je me suis lancé dans le tour de l'île (sens trigonométrique) pour faire des photos. Comme la première fois, je finis par plutôt prendre des auto-stoppeurs que vraiment chercher les clichés. Un en particulier avec qui je m'entends bien ; il me fait visiter les quartiers des bleds dans lesquels on passe, il me fait voir Anjouan qu'on distingue au loin, c'est très sympa. On discute autant qu'on peut. "Autant qu'on peut" est le terme car il a des difficultés en français et, forcément, je n'entends rien au shimaoré. C'est très dommage car il est anjouanais, et a une histoire assez intéressante. Alors même qu'on est en France, je réalise que la communication est finalement plus difficile qu'au Mali où beaucoup de gens se débrouillent vraiment bien avec le français... Frustrant !!
Avec tous ces tours et détours, je ne finis pas le tour de l'île. La nuit tombe quand j'arrive à Combani et je bifurque directement vers Mamoudzou. Quelques petites courses et soirée télé.
.
.
Mercredi, je vais dans le sud. J'essaie de faire plus de clichés. Je fais des petits arrêts sur les plages, clic-clac, je me mets à l'eau 5 minutes, je séche en fumant une clope, et je reprends la route et m'arrête trois bornes plus loin et la récurrence s'enclenche. Les paysages de la côte au sud sont très différents du nord : les falaises disparaissent, mais la côte se découpe et se sur-découpe, les baies se multiplient, la terre joue avec la mer.
.
.
Jeudi, j'émerge tard et décide de rester à Mamoudzou pour aller voir les curiosités. Je me promène longuement sur la pointe de Mahabou, qui permet d'avoir de jolies vues sur Petite-Terre et le va-et-vient des barges. Mais je n'en ferai pas plus car Jidé m'appelle pour qu'on aille faire des courses pas tard ensemble. On avait projeté de faire des camarons au gingembre si on trouvait le créneau. Ca me fait très plaisir qu'il appelle, donc je zappe la Convalescence et la Maison du Gouverneur sans scrupules. Juste le temps d'acheter deux tee-shirts estampillés 976, et je prends le petit gars à la barge. On galère un peu à trouver les camarons, mais les courses sont faites et on retourne à M'Tsampere.
Nouvelle super soirée avec les djeunces et la petite famille de Camélia. Palabre, bonne bouffe, cours de tarot et parties à géométrie variable, trois, quatre, cinq, sans prise de tête avec des pauses de conversation.
Cette fois, la soirée se termine à trois avec Jidé et Julia. Vraiment, ils sont cools tous les deux. Petit couple affectueux sans démonstration, simple, tranquille, intégrant. Avec d'autres, je pourrais me sentir de trop ; là non :-)
.
.
Jidé m'a passé masque et tuba, et je pars le vendredi à N'Gouja pour essayer de voir les tortues que j'avais manquées - marée basse - avec Françoise en février. Une trentaine de personne tout au plus sur cette grande plage splendide. Un peu de clapot, le fond du lagon est un peu agité : ce n'est pas super pour faire du snorkeling, mais presque toutes les personnes à l'eau - dont moi - rivalisent d'efforts pour chercher les tortues.
Et rien.
Rien de rien. Personne ne trouve l'animal alors que cette plage est particulièrement réputée pour ses tortues nombreuses et peu farouches. Je suis content d'être là, c'est idylique, mais je suis assez déçu.
Je rentre à Mamoudzou à la tombée de la nuit, et j'appelle Julia. On s'était dit qu'on pourrait se sortir un peu pour la vie nocturne. Rendez-vous pris à M'Tsampere. Quand j'arrive, Camélia n'co et les voisins, Charlène, Damien, Zazou (décidément, les gens à la cool pullulent dans ce quartier) partent pour une crémaillère. On tchatche dans la rue, au milieu des poules qui passent, et mon echec à la tortue sidère. "A N'Gouja ? Pas possible !!" Pffff... Bin si...
A nouveau soirée à trois avec Jidé et Julia. Je n'avais pas percuté ça au départ ; sur le coup, ça me fait un peu bizarre, je me dis que je vais peut-être être de trop cette fois, et toujours pas. On ne se sort même pas, on reste à la palabre et au tarot. Le genre de moment, comme les fois précédentes, extrêmement agréables, et pourtant inintéressants à raconter car seulement pleins de bien-être sympathique et tranquille.
Couché à pas-d'heure.
.
.
J'émerge très tard le samedi. Petit-déjeuner un peu laborieux. Je me dis que je vais bêtement aller chercher quelques souvenirs, faire quelques cadeaux, retenter les curiosités de Mamoudzou.
Julia appelle un peu avant midi - je suis toujours devant mon bol de café - et propose qu'on se fasse une plage, qu'on ré-essaie les tortues, puis petit brochetti le soir. Je ne vais pas bouder les moments agréables : j'évacue les perspectives de cadeaux en me disant que je trouverai bien quelques trucs à l'arrache à l'aéroport au moment de partir.
Finalement, on ne part qu'à deux avec Jidé, à nouveau pour N'Gouja. Il me dit qu'il a appelé les tortues pour fixer rendez-vous, en leur précisant bien que je ne venais pas, histoire qu'elles n'aillent pas se cacher pour perpétuer la malédiction. Gentille attention !!!
Plus de gens sur la plage, signe de week-end. Mais pas beaucoup de monde à l'eau. Voire presque personne en PMT (i.e. Palmes-Masque-Tuba, dans le jargon) : le clapot est encore plus fort que la veille, et il n'y a presque pas de vizi (i.e. visibilité, dans le jargon). Jidé lui-même est vert mais s'acharne, il fait des tours, va jusqu'au tombant (pas plus de vizi que plus près de la plage)... Et le miracle, quand même (enfin, miracle pour moi, lui trouve ça nul). Deux tortues !!! Les conditions sont mauvaises, on ne les suit pas facilement, il y a plein de particules en suspension dans l'eau, mais elles sont bien là, à cinquante centimètres de moi !!!! Bardées de rémoras, elles sont plutôt élégantes dans l'eau. Les deux sont des imbriquées, la plus petites des deux espèces présentes à Mayotte.
On remonte sur la plage, on papote tranquillement au soleil. C'est cool.
En repartant, il y a un grand groupe de makis dans les arbres, à la sortie de la plage. Une dizaine de personnes sont là à leur donner de la banane et à jouer avec eux. C'est très rigolo. Pour ça (comme pour tout le reste finalement), je suis un vrai moulin à questions. C'est quand même très étonnant de voir des animaux avec des mains.
.
.
Ensuite, presque la même soirée que la veille, juste Jidé et Julia, en encore plus long (je rentre à 5h du mat') avec un sus un petit concert au Jungle, afro-beat cool dans un petit bar sympa. Pas mal de picole, du tarot, de la conversation sérieuse ("si tu veux, tu peux", oui/non, en fait je trouve cette expression débile, leurs projets...), des départs en vrille, on finit le rhum-scolo qu'on avait entamé en février. Il ne restait plus grand chose dans la bouteille, et, cette fois, je dois bien reconnaître qu'il y a un certain goût. La bouteille finie, on joue avec la scolopendre, bien morte après des mois dans le rhum (beuark, c'est franchement de la saloperie...)...
.
.
A la fin, on entend les coqs commencer à chanter. On est tous crevés. Jidé me racompagne à la voiture. C'est un peu bizarre. On ne sait plus trop quoi dire, mais on reste là à échanger des banalités qui tirent en longueur. En fait, on n'a pas trop envie de se séparer !! Il me demande mon mail, pour qu'on reste en contact. Je suis vraiment content : c'est pas une illusion, le feeling est bien passé dans les deux sens avec lui et Julia. On parle vite fait des possibilités qu'ils passent à la Réunion, du festival de musique de l'Océan indien à Mayotte d'octobre, qui pourrait bien me plaire.
Dernier salut. Je monte dans la voiture le coeur tout léger :-)
.
Peu de sommeil ensuite, il faut nettoyer la maison, ranger, laisser les clefs au voisin d'en face, laisser la voiture en ville et déposer les clefs, sauter dans la barge, le taxi, l'aéroport, quelques achats, l'avion. Tout s'enchaîne vite.
.
.
Il fait très froid à Saint-Denis. J'ai JM au tel, pour parler de leur vacances sur mon île, Claudine vient me chercher, le coeur réchauffe le corps.
Et c'est reparti...

dimanche 14 juin 2009

La Réunion longtemps

Après les photos de la Saint-Denis moderne, en voilà quelques unes de la Saint-Denis "longtemps", d'avant, des temps anciens, que j'ai glanées sur InterNet.
.
Une vue générale sur Saint-Denis :

Le Barachois :

.

Batterie de la rade de Saint-Denis : Rond-Point de l'Hôtel de Ville, rue de Paris :
Rue de l'embarcadère :
Rue de Paris :
Route Nationale :
Rue de Grand Chemin :
Rue Sainte-Marie :
Rue de l'Eglise :
Rivière Saint-Denis, sud :
Rivière Saint-Denis, nord :
Mât des signaux, au Barachois :
Hôtel du Gouverneur :
Gare de Saint-Denis :
Hôtel de Ville de Saint-Denis :
Une maison, rue de Paris :
Débarquement des boeufs :
Procession :
Réparation de la rue de la boucherie :
Pêche au bichique :
Laveuses de la rivière Saint-Denis :
.
.
.
Et pour terminer, quelques images de la Réunion-longtemps :