lundi 30 novembre 2009

A méditer...

Les pièges de l'égalité des chances
.
Dans les sociétés démocratiques, la reconnaissance des talents et des mérites individuels ne devrait pas dépendre de l'hérédité sociale et des hasards de la naissance. Il n'est pas acceptable que, pour l'essentiel, les futures élites soient issues des élites et que les jeunes voués aux emplois les plus pénibles et les moins bien payés naissent dans les classes les moins favorisées.
.
Cela nous choque d'autant plus que la massification scolaire, en ouvrant les études longues au plus grand nombre, n'a guère changé les choses ; 50 % des enfants de cadres et 5 % des enfants d'ouvriers accèdent aujourd'hui aux classes préparatoires (La Démocratisation de l'enseignement, Pierre Merle, La Découverte, 2002). L'affirmation vigoureuse de l'égalité des chances et du mérite apparaît alors comme la seule manière de construire une société plus juste.
.
Au nom de ces convictions, il va de soi qu'il faut se battre de toutes nos forces contre les mille discriminations qui empêchent les filles, les enfants des classes populaires et ceux des minorités visibles de faire valoir leur mérite au même titre que les autres. Nous devons donc soutenir tous les dispositifs qui, à l'Institut d'études politiques (IEP) et dans les grands lycées parisiens, visent à réaliser l'égalité des chances en permettant aux élèves des quartiers et des établissements défavorisés d'accéder aux meilleures formations dès lors qu'ils ont assez de mérite pour prétendre y réussir. C'est là l'image de la justice sociale qui s'est imposée aujourd'hui, à droite et à gauche, et, sauf à défendre l'héritage des conditions sociales, il n'y a pas à s'y opposer.
.
Mais le fait qu'un principe de justice soit excellent ne signifie pas qu'il n'entraîne pas, à son tour, d'autres injustices. Le consensus actuel sur l'égalité des chances méritocratiques ne doit pas nous aveugler sur les conséquences de sa mise en oeuvre.
.
Les politiques de l'égalité des chances qui se développent depuis quelques années ont les yeux rivés sur les élites. Si nous sommes indignés par la faible part des enfants de travailleurs et des enfants issus des minorités discriminées parmi les élèves des classes préparatoires et des grandes écoles, nous le sommes beaucoup moins par leur surreprésentation dans les filières scolaires les moins valorisées leur promettant les emplois les plus précaires, les plus mal payés et les plus pénibles : près de 80 % des élèves en CAP sont d'origine populaire. Nous sommes plus sensibles à la diversité dans les grandes écoles que dans la grande distribution et les travaux publics. Autrement dit, nous faisons comme si l'accès de minorités sociales et culturelles méritantes à l'élite allait changer l'ordre des choses. On le croit même si fortement que nos dirigeants ont pu affirmer que l'accès aux grandes écoles de quelques jeunes venus des quartiers défavorisés finirait pas régler la question sociale.
.
Or ce tropisme élitiste repose sur une illusion statistique : les élèves défavorisés et méritant d'être aidés par des dispositifs spéciaux se comptent, au mieux, par centaines, alors que les autres se comptent par centaines de milliers. Ce n'est pas critiquer les dispositifs spéciaux d'accès aux classes préparatoires que de rappeler qu'ils touchent quelques centaines d'individus pendant que 150 000 élèves quittent l'école sans aucune qualification. Ce déséquilibre résulte du modèle même de l'égalité des chances méritocratiques dans lequel les inégalités entre les positions sociales sont moins en cause que l'équité des conditions de l'accès à ces inégalités.
.
Pire, on ne voit pas pourquoi ceux qui ont échoué dans la compétition de l'égalité des chances pourraient se plaindre, dès lors que la compétition elle-même est équitable. En clair, la méritocratie est une morale de vainqueur considérant que les vaincus méritent leur sort quand la compétition a été juste et équitable. La fixation sur les élites n'est pas une perversion du modèle méritocratique, elle lui est consubstantielle puisqu'elle vise à produire des inégalités justes, des inégalités qui seraient méritées par les vainqueurs et par les vaincus, les uns et les autres ne devant leur destin qu'à eux-mêmes.
.
La justice faite aux individus au nom de l'égalité des chances se transforme parfois en injustice collective. Nous le savons déjà avec les effets de la dérégulation de la carte scolaire, qui creuse les écarts entre les établissements. Cette justice-là dégrade mécaniquement la position et la qualité des établissements voués à n'accueillir que les moins méritants qui sont aussi les moins favorisés socialement. A terme, si l'égalité des chances augmente, l'inégalité des conditions d'éducation augmente elle aussi. Quand on raisonne à l'échelle des quartiers difficiles, c'est bien pire. Imaginons que, demain, 10 % des jeunes de ces quartiers accèdent aux meilleures formations, ce qui serait parfaitement juste, ils quitteront ces quartiers qui, privés de leurs qualités et de leur dynamisme, s'enfonceront dans une situation bien plus dégradée encore. Les ghettos seront de plus en plus des ghettos, les vaincus seront d'autant plus amers et révoltés qu'ils seront blâmés de ne pas avoir saisi leur chance. On doit bien constater que les pays qui ont le plus résolument choisi ces politiques de discrimination positive sont parvenus à construire des nouvelles classes moyennes issues des catégories sociales les plus discriminées, tout en creusant les inégalités sociales. Comme l'a montré le socioologue William Julius Wilson (The Truly Disadvantaged, Chicago University Press, 1987), une partie des Noirs américains a accédé aux classes moyennes, ce qui est bien, mais la condition des ghettos noirs s'est sensiblement dégradée, ce qui l'est moins. On sait aussi que la part des femmes dans les élites s'est élevée sans que la situation moyenne des femmes dans le monde du travail se soit améliorée de façon parallèle : quelques filles accèdent à l'Ecole polytechnique, mais 61 % des emplois peu qualifiés et 82 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.
.
L'attachement exclusif au modèle de la méritocratie scolaire affecte la fonction de l'école elle-même. Plus nous pensons que l'école est seule capable de définir le mérite et l'efficience professionnelle des individus, plus nous croyons qu'il est juste que le diplôme fixe le statut professionnel. Dieu sait si cette croyance est déjà forte en France, un pays qui croit plus dans les vertus professionnelles et civiques du boursier s'arrachant à son destin par ses vertus scolaires, que dans celles du self-made-man.
.
Or, plus les diplômes déterminent les parcours professionnels, plus ils ont une forte emprise, plus les élèves et leurs familles accentuent la compétition scolaire afin de creuser les petites différences scolaires qui feront les grandes différences sociales. Et plus l'école est perçue comme une compétition utilitariste continue, moins elle est égalitaire. En théorie, l'égalité des chances supposerait que les classes favorisées aient la courtoisie de demander à leurs enfants de laisser un peu de place aux nouveaux concurrents du mérite. Dans les faits, elles développent toutes les stratégies de distinction et toutes les manières de garder leurs avantages scolaires devenus indispensables à leur reproduction sociale.
.
Au bout du compte, on constate que plus les diplômes fixent les positions sociales et les revenus au nom de la méritocratie, plus la reproduction des inégalités sociales est forte : en France, où l'emprise des diplômes est élevée, 40 % du revenu des enfants est déterminé par celui des parents, alors que ce taux est de moins de 20 % en Suède, où le poids des diplômes est moins décisif. Si l'on pense que l'école a pour vocation centrale de distinguer le mérite des élèves et si on croit que ce mérite est juste et décisif, la vie scolaire s'apparente à une vaste compétition distinguant progressivement les vainqueurs et les vaincus aux dépens des dimensions proprement culturelles de l'éducation. Les enquêtes internationales montrent que les systèmes scolaires qui adhèrent fortement à ce modèle sont aussi ceux dans lesquels les élèves ont le moins confiance en eux, sont les plus pessimistes et les moins confiants dans les institutions. De ce point de vue, la France est dans le peloton des pays les moins bien placés.
.
A terme, le parcours scolaire s'apparente à une longue compétition sportive dans laquelle on ne rejouerait pas les matchs, à une compétition cruelle parce que toute la vie en dépend. Dans ce cas, l'orientation négative, l'orientation par l'échec et la distance à la norme d'excellence méritocratique, devient la règle : on comprend que les élèves aient de moins en moins le moral et que beaucoup d'entre eux décrochent quand ils découvrent qu'ils sont engagés dans un jeu où ils sont sûrs de perdre. Comment ne pas voir aussi que ceux qui savent qu'ils perdront le match résistent à un sentiment d'humiliation diffus en retournant contre l'école la cruauté d'une conception de la justice sociale ?
.
Aujourd'hui, le modèle de l'égalité des chances méritocratique envahit presque totalement le débat scolaire. La critique ne cesse de mesurer l'écart entre cet idéal et les faits, pendant que les dirigeants justifient leur politique au nom de ce même idéal. On ne parle que des dispositifs de l'égalité des chances et que des mesures de soutien et de rattrapage étalonnés sur cette norme. Au bout du compte, tout le monde ou presque semble s'accommoder des inégalités entre les positions sociales et les formations scolaires tant que l'on croit que le mérite pourrait distribuer équitablement les individus dans l'échelle de ces inégalités. Plus personne ou presque ne parle de la vocation éducative et culturelle de l'école. La fascination pour l'égalité des chances, associée à la déploration continue de l'incivilité et du niveau des élèves, finit par tenir lieu de politique scolaire.
.
Si l'on ne peut contester frontalement un idéal de justice fondé sur l'égalité fondamentale des individus et sur leur droit à prétendre occuper toutes les positions sociales et professionnelles, il faut mesurer les conséquences d'un modèle devenu la référence ultime. Dans son principe même, l'égalité des chances méritocratiques ne limite en rien la formation d'inégalités scolaires et sociales, il ne crée aucune dette à l'égard des vaincus puisque ceux-ci n'ont pas de mérite. Et puis, savons-nous véritablement ce qu'est le mérite ? Il n'est pas impossible que le mérite ne soit qu'une fiction grâce à laquelle les inégalités des talents et de la naissance sont " blanchies" par l'école pour renaître comme les produits incontestables de la volonté et du courage. Il n'est pas certain non plus que les épreuves scolaires dégagent la totalité du mérite et que d'autres épreuves ne construiraient pas d'autres hiérarchies, ni plus ni moins justes.
.
Bien que l'égalité des chances soit incontestablement juste, elle ne produit pas fatalement une société meilleure et plus vivable. Il est plus facile de dégager une élite que d'améliorer le sort des perdants ; il est plus facile de distinguer quelques meilleurs que de promouvoir les plus faibles. Aujourd'hui, il semble plus aisé de promettre aux enfants d'ouvriers qu'ils échapperont à leur destin social, s'ils le méritent, que d'améliorer les conditions de vie et de travail des ouvriers.
.
Et plus les places sociales se font rares, plus on s'accommode des inégalités sociales du moment que le jeu des chaises musicales qui permet d'y accéder paraît équitable. Mais dans ce cas, au nom de l'excellence de l'égalité des chances et du mérite, on finit par accepter de vivre dans une société de plus en plus dure et compétitive. On finit aussi par oublier ce fait élémentaire : plus les inégalités entre les positions sociales sont fortes, moins il est possible de réaliser l'égalité des chances, car la distance à parcourir par ceux qui montent est grande, alors que ceux qui risquent de descendre ont trop à perdre pour ne pas tricher .
.
Afin d'atténuer les effets négatifs du monopole de l'égalité des chances et du mérite, il nous faut donc affirmer résolument la priorité de la réduction des égalités entre les positions sociales afin que l'égalité des chances ne se retourne pas contre elle-même et ne soit pas qu'une idéologie, une simple manière de rendre légitimes les inégalités sociales.
.
François Fubet, sociologue
.
Le Monde, 01/12/2009

vendredi 27 novembre 2009

Le "principal" !!

Petit post, juste histoire d'être prétentieux...
Depuis aujourd'hui, je suis attaché PRINCIPAL de l'INSEE.
Je viens d'avoir les résultats du concours ce soir, juste avant de partir de la DR. Du premier coup, c'est cool, ça de moins à avoir en tête !!
.
Particulièrement bien, on était trois admissibles à la DR, Aurore, Christian et moi... ...et on est trois admis. Ca promet un joli pot de victoire, sans ombre, sur la terrasse :-)
.
Et ça promet dans l'immédiat un week-end dense pour fêter tout ça !!
.
.
"ah ! la belle vie que voilà !! ah ah ah !! ah ah ah !!"

mardi 24 novembre 2009

"Nous sommes de sacrés pirates..."

"...nous ne sommes pas de ceux qui ratent !"
.
Dernière ligne droite avant deux semaines de vacances... ...à Mayotte. Eh oui, encore Mayotte ! Mais cette fois, invitation de Sandrine et de Camélia : impossible de refuser !!
.
Et cette dernière ligne droite est bien dense. Pour le travail (évidemment...), mais aussi pour les sorties. Le week-end dernier a été une caricature, et inaugure peut-être ce qu'il conviendra d'appeler (pour une obscure raison musciale) un week-end "Pirates".
Les acteurs : Gaelle, Nico, moi, ainsi que Sébastien (tiers temps) et Jérôme (deux tiers temps).
.
Début de week-end le vendredi soir.
J'ai été cherché Nico à Saint-Benoît, puis retour courses. Poulet aigre-doux du chef, pour commencer la soirée avec Gaelle et Sébastien. Apéro, et repas sur la terrasse, au "frais". Gargantuesque. On boit du vin, on fume un peu. C'est tranquille et sympa. Sébastien déclare forfait vers 2h, et on se sort en ville pour aller danser à trois. Bonne ambiance, bonne musique, on danse, on discute, et on rentre à l'appart vers les 6h. Pré-petit déjeuner, puis dodo vers 7h.
.
Ceci est déjà en soi un bon début de week-end, mais l'idée est de se relever vers midi, de déjeuner vite et d'aller à la plage dans l'ouest pour finir la soirée à Saint-Pierre.
Finalement, on émerge à 15h, et le démarrage est un peu long ; changement de programme : partir plus tard et en forme, et dormir sur la plage le matin au retour. On a Jérôme par internet, qui est "privé" de sortie pour cause de voiture en panne, et il est partant pour nous accompagner.
Départ de l'appartement vers 21h, après 1) pour Nico, deux heures de salle de bains et quinze changement de vêtements, "dis, tu crois pas qu'il vaut mieux mettre les chaussures blanches ?", "dis, tu penses que je peux emprunte la veste d'Edouard ?", "avec la chemise blanche, ce serait mieux !!", "je peux prendre ton cuir ?", "finalement, je vais mettre les jeans" etc. 2) une demie heure de salle de bains pour moi, 3) cinq minutes chrono pour Gaelle pour être propre et habillée.
Provision de clopes à la station et détour par la Montagne pour aller chercher Monsieur Jérôme (virage, revirage, survirage, nausée, revirage... c'est interminable...), et hop, la voiture file vers Saint-Pierre.
.
Sur place, pause pique-nique paninis pour prendre quelques forces, car on n'a pas mangé grand chose depuis l'Aige-doux de la veille au soir, sauf Jérôme qui, entre casses-croute et boissons protéinées en aurait été à son septième repas.
Première halte à "l'endroit", un bar-boîte dans le Casino de Saint-Pierre, histoire de voir, mais on va rapidement au "Malone's" où se trouve Davy, le grand pote de Nico avec qui il a fait les 400 coups. Sympa et bonne musique ; par contre, du monde, du monde, du monde. On danse un peu, mais, avec Davy, Emilie et deux autres qui se joignent à nous, on part assez vite pour la halte majeure de la soirée, à "l'Africa". Tin tin tiiiiin !
C'est "tin tin tiiiiin !" car c'est nettement plus grand que ce que j'avais vu jusqu'à présent ; une espèce de grande varangue pour commencer avec des tables, où on peut fumer, puis une grande salle avec plusieurs bars - la première salle à danser - , sur la gauche un autre espace couvert avec des tables, et une autre salle à danser à l'étage. Ca bouge bien, ambiance sympa, musique très variée (zouk, ragga, électro, salsa... ...jusqu'à Goldman !!).
Jérôme a une révélation à 3h30, après une espèce de TGV (lui qui ne voulait pas boire, il a été cueilli d'un coup...) : "beaucoup trop hétéro, je peux pas bouger comme je veux, on me regarde de travers". Hétéro, perso, je suis pas contre (!!), mais c'est clair qu'il se fait beaucoup mater, le petit gars ; j'aurais plutôt tendance à penser que c'est parce qu'il bouge remarquablement bien sur la musique en plus d'être un beau gosse... "Allez, au Cherwaine's", "Hey ! On est à Saint-Pierre, il faut aller s'y montrer !!"
Et c'est parti pour la quatrième halte de la soirée. Assez décevant. Fin de soirée, mais on doit quand même payer à l'entrée. Plus beaucoup de monde... "Les danseurs du Boy's contre ceux du Cherwaine's" "hey mon jeune ami, je suis pas un 'danseur du Boy's'" "pas grave, on fait comme si" Et c'est reparti, même si c'est moins groovy qu'avant.
.
Départ de Saint-Pierre au petit matin. On s'installe au soleil sur la plage de la Souris-Chaude, LA plage nudiste et également connue pour ses rencontres interlopes. A cinq heures du mat', ya personne. C'est très beau, la mer est un agitée et se cogne sur les grands rochers noirs qui hérissent la plage et la divise en petits lopins isolés. On s'installe, déconne un peu, se couche ; petit morceau de "nuit". C'est vraiment agréable. Dommage qu'on n'ait pas de quoi se faire un petit pique-nique, un petit feu pour faire le café ou le thé... Pour une autre soirée de Pirates, on se le promet. Petit à petit, l'atmosphère change un peu : des gars déambulent ; mais en même temps, on est bien là, tous les quatre dans notre petit coin.
Quand le temps se couvre un peu, on s'arrache pour prendre un petit dèj à Saint-Gilles. Dix heures déjà !! Café, jus d'orange...
Départ pour la Saline pour manger ; "Bobine", avec vue sur le lagon, c'est bien agréable. Le courant passe vraiment bien entre nous. Jérôme, que je connaissais très peu, se révèle être quelqu'un de franchement cool, un peu maniéré, mais avec beaucoup de détachement ce qui donne un décalage très drôle, plein d'esprit et trippant sur des choses incongrues (prendre ses repas en photo...).
Coma sur la plage et retour à Saint-Denis à la nuit.
.
De bout en bout, un week-end d'enfer. Le premier d'une longue série, j'espère.
Le prochain devrait déjà être d'un calibre comparable ; on devrait "remplacer" pour l'occasion Jérôme par David, autre genre, mais c'est très prometteur !!!

dimanche 15 novembre 2009

Début de l'été

Bonjour bonjour !
.
Difficile de tenir ce blog à jour depuis septembre, avec une vie super active, avec à la maison des colocataires, des squatteurs, des touristes... Avec deux retours en métropole... Avec de multiples sorties... Avec un travail toujours aussi prenant...
.
Je vais reprendre les principales étapes, maintenant que ce cycle s'approche de la fin.
.
Toute fin août, Aurore et Edouard sont arrivés à la maison. Pas mal de sorties ensemble, en me consacrant pas mal à eux, histoire qu'ils ne soient pas perdus à l'arrivée comme je l'avais moi-même été un an auparavant. Pas mal d'affaires sympas, comme un concert de Camille Bazbaz à Saint-Leu ou une sortie en bassin qui s'est terminée par un pique-nique avec des coupeurs de cannes qui nous ont invités à partager leur carry...
Début d'une recherche de maison pour tous les trois, également.
Les débuts à la DR pour les deux nouveaux, en particulier d'Aurore au CRIEM, où je suis placé d'amblée dans le rôle du "connaissant" qui doit expliquer les méthodes, les interlocuteurs, les façons de faire, les dossiers. Pas si évident...
Leurs débuts de vie sociale à la Réunion aussi, puisque je les emmène à peine arrivés à l'anniversaire d'Anne, chez Arnaud, délicieuse soirée de bout en bout où ils dépassent leurs fatigues et où je les vois bien s'amuser pendant que je fais "amplement" connaissance avec Aurélia :-)
En parallèle de tout ça, j'ai fait la connaissance de Nico, un jeune réunionnais, chanteur au Conservatoire, d'abord de façon presque neutre, en discutant musique.
.
Mi septembre, départ pour deux semaines en métropole. Au CNIS pour la présentation du rapport INSEE sur l'ESeC, et diverses réunions autour de l'enquête-emploi. Pas trop de temps de pauses, mais un petit moment "famille", et de bonnes soirées pour voir les amis et même les dernières arrivées comme Salomé :-)
Deux semaines également troublantes, où j'ai presque tous les soirs au téléphone le "petit Nicolas", à qui je manque visiblement beaucoup, en nouant une relation assez ambigue. Mais entre autres choses, ces discussions m'amènent à reconsidérer mon rapport à la musique, mon manque, et je profite du passage à Paris pour acheter une clarinette.
.
Fin septembre, retour à Saint-Denis.
Première chose dès le retour, clarifier la relation avec le petit Nicolas : s'installe étrangement une espèce de relation grand frère/petit frère qui dure depuis. C'est un peu chaotique, compliqué. Je ne vais pas entrer dans les détails sur un blog public - les morceaux de son histoire, et de la nôtre liée maintenant, je n'ai pas à les écrire -, mais c'est assez joli et enrichissant en même temps que mentalement épuisant. Je ne sais pas du tout ce qu'une telle relation va pouvoir donner au final, pour lui comme pour moi, mais c'est une vraie expérience de vie, qui me fait réfléchir sur moi, sur la responsabilité, sur la morale, m'aide à comprendre et analyser mon appréhension des gens (qui n'était pas si mauvaise, mais un peu brute de décoffrage).
C'est par ailleurs une tranche de vie assez dynamisante dans la mesure où le petit Nicolas, tout fou et écervelé, m'incite à sortir et à rencontrer de nouvelles personnes. Je n'ai jamais tant fait de sorties en boîtes de ma vie !!! Et en fait, j'adore ça :-)))) Rencontres, en particulier, de Delphine, Celia, Matthieu (!!), et dernièrement Sanjay.
Et enfin, je fais prof' de solfège !!
A côté de la tranche "Nico", d'autres choses. Rapprochement avec Gaelle, une jeune contôleure de la DR. Après un concert de Danyel Waro, on s'est retrouvé à aller boire quelques canons ensemble. Très bonne entente ; elle m'avait donné une impression de "grande gueule", et au final, une fille super, bonne coéquipière de soirée, fine et amusante. Par contre, un certain éloignement d'avec les colocs - même si on continue à très bien s'entendre, nos attentes et surtout nos styles, peut-être surtout avec Edouard, sont vraiment différents - qui a conduit Edouard à planter la colocation à trois. Adieu la piscine pour l'instant.......
.
Et puis après ça, il y a eu aussi la visite d'Olivier et Djedjiga à la Réunion, avec une semaine blanche en métropole pour moi en plein milieu. Super agréable de les avoir, eux aussi !!! A six voire sept avec Nico, Edouard et Aurore, il y avait un côté "maison du bonheur", love 'n peace, très très plaisant !! Orgie de nourriture (carry camaron + rougail saucisse en une fois !!!!) à cuisiner tout l'aprèm, tous débraillés, avec de la déconne autour de la table ; c'était d'enfer.
.
.
Et maintenant, un certain nombre de choses se tassent.
Aurore et Edouard partent deux semaines en métropole, et prennent leur maison ensuite. J'ai repris contact avec les amis de Ben. Je retisse les liens avec mes amies de Mayotte (suis invité début décembre... initiative de Sandrine !! Yeah !! on va voir dès la semaine prochaine si le créneau convient...).
Et l'été s'installe !!

samedi 22 août 2009

Quelques photos de la saison touristique passée

Le tour en hélico, à partir des hauts de Saint-Paul :
Petite pause apéro :
En dominant la plaine des Sables, vision lunaire :
Descente de la Fournaise :
Vers l'Anse des cascades :
Sur les coulées de lave. Tout un décor sombre. Etonnant comme rendent les photos alors que la journée était lumineuse :
Dernière soirée à l'appart :

Kind of blue

J'ai eu une petite révélation ce matin, à la lecture d'un article : Pourquoi Kind of Blue est-il si génial ?
Ce disque nocturne et lunaire a fait beaucoup pour m'intéresser au jazz, que je continue à mal comprendre. J'ai jamais trouvé que ça marchait "aux trippes" ; un coup, je trouve magique, un coup ça m'indiffère...
.
Voilà quelques extraits de l'article, mais d'abord le lien, car il y a des extraits musicaux bien fichus :
.
***
.
«Kind of Blue», de Miles Davis, vient d’avoir cinquante ans. Ce disque est une œuvre à part, sans équivalent dans le monde de la musique (et de la culture en général) : il est à la fois l’album de jazz le plus vendu de tous les temps, et le fer de lance d’une révolution artistique. Tout le monde adore «Kind of Blue», même ceux qui disent ne pas aimer le jazz. L’album est frais, romantique, mélancolique et merveilleusement mélodique. Mais pourquoi les critiques le considèrent-ils tous comme le meilleur album de jazz de tous les temps? Pourquoi «Kind of Blue» est-il d’une importance si capitale ?
.
Les premiers morceaux furent enregistrés au Columbia Records’ 30th Street Studio, le 2 mars 1959 ; l’album sortit le 17 août. Charlie Parker, le génie du modern jazz, le plus grand saxophoniste alto que le monde ait connu, était mort quatre années auparavant, presque jour pour jour. Le monde du jazz attendait désespérément le «nouveau Charlie Parker» ; il se demandait ce que ce nouveau prodige apporterait au genre.
.
Parker et son compère trompettiste, Dizzy Gillespie («Bird» et «Diz», comme on les appelait alors) avaient lancé la révolution jazz des années 1940, le « be-bop ». Leur concep: partir d’un standard de blues ou d’une ballade, et improviser une nouvelle mélodie basée sur sa grille d’accords. La technique en elle-même n’était pas nouvelle, mais ils parvinrent à la transcender. Leurs extensions d’accords dessinaient des motifs complexes, des phrases syncopées au tempo frénétique.
.
Le problème, c’est que Parker n’avait pas seulement inventé le be-bop ; il en avait aussi tiré le meilleur. Un blues en 12 mesures (ou une chanson en 32) ne pouvaient contenir qu’un nombre limité d’accords, et de variations possibles sur ces accords. Avant de mourir, Parker lui-même commençait à perdre sa verve.
.
Miles Davis avait dix-neuf ans lorsqu’il est arrivé à New York, en 1945. Il a très vite remplacé Gillespie, devenant le trompettiste de Parker pendant quelques années, reproduisant fidèlement le style de Bird et Diz. Dix ans plus tard, lui aussi se demandait ce qui pourrait bien faire avancer le jazz.
.
L'invention du jazz modal
.
La réponse vint d’un de ses amis, un certain George Russel (mort le mois dernier à l’âge de 86 ans). Russel était un compositeur et un spécialiste de génie ; il avait passé la majeure partie des années 1950 à concevoir une nouvelle théorie de l’improvisation de jazz, basée non seulement sur les grilles d’accords mais aussi sur les gammes, ou (plus précisément) les «modes». On appelait généralement ce type de musique le «jazz modal». (Une gamme est une suite de douze notes, d’une octave à l’autre. Pour faire un accord, il faut jouer trois ou quatre de ces notes simultanément ou l’une après l’autre; par exemple, pour faire un accord de «do majeur», il faut jouer «do, mi, sol»).
.
Cette distinction pourrait paraître mince, mais ses implications étaient immenses. Dans une improvisation de be-bop, les changements d’accord (qui surviennent dans la plupart des cas quand le pianiste modifie l’harmonie d’un accord à l’autre) servent de «boussole» aux musiciens ; ils permettent de signaler le passage à la prochaine mesure ou à la prochaine phrase. Les accords ont un système bien à eux (c’est pour cela qu’il est facile de fredonner l’air d’un morceau de blues ou d’une ballade) ; le musicien sait quel sera le prochain accord ; il sait que les notes qu’il jouera seront celles de l’accord, ou une variation sur ces notes. En jouant un morceau de blues, vous savez que la grille d’accords prendra fin dans 12 mesures (ou, si c’est une ballade, 32 mesures) ; ensuite, soit votre solo prend fin, soit vous reprenez tout depuis le début.
.
Russel décida d’en finir avec la «boussole». Il était possible, selon lui, de jouer toutes les notes d’une gamme ; en d’autres termes, toutes les notes possibles et imaginables. « En fait, le musicien devrait chanter sa propre chanson, sans avoir à se soucier des accords », écrivait-il. Autrement dit, «vous êtes libre de faire n’importe quoi [italiques d’origine], tant que vous savez quand rentrer à la maison» ; tant que vous savez quand vous arrêter.
.
Une nuit de 1958, Russel s’assit devant un piano avec Davis et lui montra de quoi sa théorie était capable ; comment lier les accords, les gammes et les mélodies pour en faire des combinaisons sans fin. Miles réalisa que cette technique pouvait sortir le jazz de l’impasse du be-bop. «Bon sang, s’exclama-t-il, si Bird était encore vivant, ce truc le tuerait». La même année, dans une interview accordée au critique musical Nat Hentoff, Miles expliqua les bases de la nouvelle approche. «En jouant de cette façon, dit-il, on pourrait ne jamais s’arrêter. Plus besoin de se soucier des grilles, et le temps est mieux exploité. Ca devient un défi: on essaie d’aller le plus loin possible sur le plan mélodique… Je pense qu’un mouvement est en train de naître dans le jazz ; nous nous éloignons de la suite d’accords traditionnelle, et nous mettons l’accent sur la mélodie plutôt que sur les variations harmoniques. Il y aura moins d’accords, mais ces accords nous offriront une infinité de possibilités.»
.
Billy Evans : un pianiste révolutionnaire.
.
Davis voulait sauter le pas, mais il lui manquait un élément capital: un pianiste capable de l’accompagner sans jouer les accords. Un concept révolutionnaire. Les accords permettaient aux joueurs d’instruments à vent de se repérer, de contrôler leurs improvisations; servir de boussole, c’était ça, le boulot de pianiste. Russel recommanda un pianiste qu’il avait engagé pour quelques-unes de ses propres séances, un jeune blanc passionné par la musique. Son nom: Billy Evans.
Evans avait étudié au conservatoire ; il avait un penchant pour les compositeurs impressionnistes français, comme Ravel et Debussy. Par-dessus tout, il aimait leurs harmonies : elles flottaient, flânaient au dessus de la ligne mélodique. Quand Evans s’adonnait au jazz, il avait pour habitude de ne pas jouer la note fondamentale de l’accord ; par exemple, dans un accord de « do majeur », il évitait de jouer un « do ». Il jouait une autre note de l’accord, ou une note proche de celui-ci ; suggérait l’accord sans se laisser emprisonner par lui. Davis engagea Evans pour son prochain enregistrement, la séance qui allait devenir « Kind of Blue » ; l’expression parfaite de sa nouvelle approche du jazz.
.
Le meilleur exemple de cette nouvelle façon de jouer est sans doute le morceau (officieusement composé par Evans) «Flamenco Sketches». Lors d’une séance de jazz, en général, la partition fournie au groupe n’indique que le « head » : les douze premières mesures d’un air et le chiffrage des accords. Le groupe joue le « head », puis chaque musicien improvise sur les accords. Dans « Flamenco Sketches », en revanche, Evans fait reposer le morceau sur cinq modes, chaque mode faisant passer une émotion légèrement différente de la précédente. Au haut de la partition, quelques mots manuscrits : «Improvisez sur ces modes».
.
Pour les deux saxophonistes du groupe, John Coltrane (ténor) et Julian «Cannonball» Adderley (alto), cette instruction était particulièrement étrange. Les deux musiciens étaient des experts de l’improvisation, mais leurs créations avaient pour bases les accords: Adderley, en sa qualité d’acolyte de Charlie Parker, tirait son inspiration du gospel ; Coltrane, lui, était un explorateur presque mystique, constamment à la recherche du son parfait, de la note juste, retraçant la carte de ses voyages sur les grilles d’accords ; il empilait, inversait les accords, sans savoir quelles combinaisons marcheraient le mieux, et les essayaient donc toutes.
.
Quelques mois après les séances de « Kind of Blue », Coltrane créa son propre groupe et enregistra un album, « Giant Steps » : sa quête continuait, poussant les musiciens dans leurs derniers retranchements (...). «Giant Steps» marquait l’aboutissement, la fin de l’aventure be-bop ; Coltrane le savait, et il s’orienta ensuite vers une toute autre direction, une autre façon de jouer, moins attachée à la structure, un style encore plus «libre» que celui défini par Russel. Mais il avait déjà commencé cette mue sur «Kind of Blue », surtout dans «Flamenco Sketches», laissant plus que jamais libre cours à son lyrisme.
.
La rupture avec le be-bop s’entend dès le premier morceau de l’album, «So What», qui deviendra très vite l’hymne de ce nouveau style. Dans le texte de pochette de l’album, Evans décrit cet air comme étant « une simple figure : 16 mesures jouées sur un mode, 8 sur un autre et 8 sur le premier, (…) en rythme libre. » (Cela peut paraître vague, mais ce morceau était l’un des plus structurés. Pour «Flamenco Sketches», Evans écrit que l’improvisation sur chaque mode peut « durer aussi longtemps que le soliste le souhaite»).
.
(...)
.
De prime abord, [«All Blues», le morceau le plus représentatif du «jazz modal» sur «Kind of Blue»] ressemble à un air de blues classique, mais écoutez-le avec un peu plus d’attention : les instruments à vent, qui soufflent et répandent l’harmonie en arrière-plan, jouent les mêmes notes dans toutes les mesures ; ils ne s’adaptent pas à la grille d’accords du piano ; en fait, il n’y a pas de grille d’accords. Ce n’est pas du blues : c’est une espèce de blues, «a kind of blue».
.
«Kind of Blue» était donc totalement novateur. Une question demeure, cependant : qu’est-ce qui rend cet album si génial? Réponse : les musiciens, tout simplement. Durant toute sa carrière, et en particulier dans les années 1950-60, Miles Davis a toujours su recruter les bonnes personnes à l’instinct. La plupart de ses sidemen ont fondé leurs propres groupes, et ces sidemen (en particulier Evans, Coltrane et Adderley) comptaient parmi les meilleurs. Ils ne manquaient jamais à l’appel, jouaient une musique qui leur donnait une liberté d’expression sans précédent (ils étaient libre de «chanter leur propre chanson», pour reprendre l’expression de Russel), et ils étaient à la hauteur de la tâche ; le premier enregistrement était souvent le bon. Ils chantaient leur propre chanson, une chanson riche et sans fin.
.
L’héritage musical de cet album est en demi-teinte ; sans doute parce qu’il a les défauts de ses qualités. Il a donné une liberté presque totale aux musiciens de jazz: ceux qui avaient un message à transmettre s’épanouirent ; ceux qui n’avaient rien à dire se contentèrent de faire dans le n’importe quoi improvisé. C’est le côté obscur de ce que Miles Davis et George Russel (et, quelques mois plus tard, Ornette Coleman, dans son propre style « free jazz ») ont créé: beaucoup d’improvisation en roue libre (impros New Age, impros jazz-rock-fusion, impros stridentes-et-hurlantes…). Le résultat: une musique sinistre, assommante et mortelle (mortelle au sens propre pour le jazz: la fascination pour le rock’n’roll, style beaucoup plus structuré, allait naitre). Pour un bon nombre des successeurs du jazz modal, la liberté se résumait à jouer tout ce qui leur passait par la tête – c’est-à-dire pas grand-chose.
.
Ce qui fait le charme de «Kind of Blue» (et ce qui brise le cœur du mélomane), c’est aussi le fait que cet album n’a jamais eu de suite. Le groupe se sépara peu après l’enregistrement. Evans créa son propre trio de pianistes ; Adderley continua de jouer du bop teinté de gospel ; après «Giant Steps», Coltrane se tourna vers le free jazz ; Davis opéra lui-aussi un retour aux sources pendant quelques années, puis il créa un nouveau groupe au milieu des années 1960, avec des musiciens plus jeunes, qui réveillèrent son instinct aventureux.
.
«Kind of Blue» est un album unique, si parfait qu’il est presque difficile de croire qu’il est né de l’imagination d’un homme. Que vous mettiez l’album en musique de fond ou que vous l’écoutiez en lui accordant toute votre attention, vous ne pouvez vous empêcher d’être émerveillé par son inventivité spontanée. Et quand vous croirez le connaître, écoutez-le encore: vous vous surprendrez peut-être à découvrir quelque chose de nouveau.
.
Fred Kaplan
Traduit par Jean-Clément Nau

mercredi 19 août 2009

Fin de la saison touristique - début de la nouvelle année

Une nouvelle belle saison touristique vient de s'achever.
Pendant deux semaines et demi, ma môman et ma petite soeurette. Pendant trois semaines, Jean-Marie et Guillemette. Dans cette Réunion encore imparfaitement réticulée, ç'a été une nouvelle fois une grande bouffée d'air, de nouveautés, de réminiscences, de bonne humeur.
.
De nouveauté car on a habité pendant un mois dans la maison de Michel et d'Armelle, qui m'avaient confié Volga - la tendre brutale boxer de 35 kgs qui saute dans les bras et gémit pour avoir son calin le soir - pendant leurs vacances en métropole. Une grande histoire d'amour entre moi et Volga, pendant ces semaines, d'ailleurs. La confirmation aussi que je ne pourrai jamais vivre dans les Hauts, même s'il y a eu une super embellie pendant les deux dernières semaines de juillet. De nouvelles visions de l'île, en hélicoptère, par des chemins dans les hauts de l'ouest, en séjournant rapidement dans le sud, en passant sur les coulées de lave, pendant les concerts du Sakifo, le super festival de l'île qui vaut bien la plupart de ceux de métropole.
Plein de réminiscences puisque, même après un an de séparation presque totale, on retrouve les réflexes, les types de conversations.
.
Même point faible que pendant la saison précédente cependant : si on a bien profité des soirées et des week-ends, j'étais encore trop pris par le travail pour m'échapper pendant les journées, et faire quelque chose qui ressemblait plus à des vacances qu'à une paranthèse enchantée. J'ai hâte de refiler ma part indue, pour pouvoir profiter vraiment des prochaines fois.
Mais même point fort, il me semble : l'infinie variété de ma petite grande île, de ce caillou minuscule rempli comme un continent, incite encore et encore au retour. Et peut-être aussi la qualité de l'accueil (et pas seulement du mien !!!!!).
.
Et cette semaine est charnière avec la nouvelle année. Aurore et Edouard arrivent la semaine prochaine. Que va-t-il nous arriver ? Grand saut dans l'inconnu.
Des divergences sont apparues sur le choix des maison où on pourrait habiter. Logique, en fait... Eux arrivent avec une vision métropolitaine, et même parisienne, celle-là même que j'avais il y a juste un an et qui me faisait (sou)rire de ce que me disaient parfois des métros installés depuis un moment ; moi, je suis là avec mon recul de métro installé depuis déjà un an, mon certain recul même si partial, partiel. Mais je ne pensais pas que cela surgirait aussi crûment.
Je pense être plutôt dans le "vrai", mes desiderata et sources d'inquiétude sont clairement les mêmes que ceux qui connaissant déjà l'île. Mais je ne pensais pas être aussi mauvais pédagogue pour expliquer, certes à distance, certaines réalités. Il faut croire que certains tours de pensée et d'attention viennent par la répétition et l'expérience, même courte. Exemple. Comment reprocher à des parisiens de vouloir de grands jardins tout verts ? Mais comment faire comprendre l'intérêt limité d'un grand espace dans une ville vraiment aérée, ouverte sur la mer et surplombée par la montagne touffue, et surtout la contrainte exorbitante de la végétation particulièrement vivace des climats tropicaux ?
J'aurais dû l'anticiper en repensant à ce que j'avais en tête en arrivant l'année dernière ; j'aurais dû prendre plus sur moi en constatant que certains messages, non pas ne passaient pas, mais plutôt passaient de travers.
J'ai quand même bon espoir que les choses rentrent dans l'ordre : il serait absurde de s'en tenir rigueur pour de logiques décalages de regards. Même si on est passé à côté de la super opportunité, il sera bien plus sain de chercher ensemble in situ, si on reste sur notre idée de communauté. On verra bien !!
.
C'est quoiqu'il en soit une année toute nouvelle qui s'annonce !!

jeudi 23 juillet 2009

faux billet : maisons (1)

Billet spécial pour Aurore et Edouard, quelques photos d'éventuelles maisons en coloc pour l'année à venir...
.
La maison de Montgaillard :
.
La cuisine :
Les chambres principales (une grande et deux un peu plus petites), avec placards :
La (seule) salle de bain à l'étage principal :
La varangue :
Le dehors : piscine et abri à barbecue :
La maison et la piscine à partir de l'abri à barbecue :
Entrée sur le sous-sol (garage, chambre indépendante, salle de douche) par le petit espace vert de devant ; la fenêtre sur la seconde photo donne dans la chambre indépendante : La chambre indépendante du "sous-sol" :
. La maison du Barachois :
.
Chambre au rdc : Grande pièce du rdc :
Partie cuisine (américaine) de la grande pièce du rdc :
A l'étage, salle de bain (salle de douche au rdc) :
La buanderie :
Grande pièce à l'étage :
La cour et sa piscine (vide) à remettre au propre (mais l'agence s'en occupe) :
une chambre à l'étage (il y a aussi une "vraie" fenêtre) :
escalier :
autre chambre à l'étage :
un plafond dans un couloir :
le barbecue en dur : vue d'ensemble, côté cour :
vue d'ensemble, de face (ça paie pas de mine) :
le balcon, à l'intérieur :
la piscine :
d'à côté de la piscine :