Le séjour de Selim et Elodie et les deux semaines en métropole ont rendu les billets rares.
De retour à Zamalia, et avec enfin de l'internet à la maison, ils devraient redevenir plus fréquents.
Je ne vais pas tout de suite ré-enchaîner avec le récit de Mafate, du volcan et des bassins avec mes deux touristes (j'attends de toute façon un récit par Selim de l'affaire... hin ?? ça vient quand ??). Il y a en effet une question qui m'a tarabusté pendant ces semaines de retour : c'est quoi un chez soi ?
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Le couronnement - et une réponse, d'une certaine manière - a eu lieu à l'aéroport quand j'ai été régler mes kilos supplémentaires de livres. "Vous retournez chez vous ?" "... oui ..." "la saison des letchis a commencé ?" "bah oui, ça fait déjà presque un mois" "ah !! et ils sont bien meilleurs que ceux de Madagascar !!" etc.
De fait, je retournais bien là où j'habite, mais ce qui m'a troublé, c'est que j'ai été mis dans la case "réunionnais" sans broncher par la petite dame. Et je pense que j'ai répondu à peu près comme un (vrai ?) réunionnais aurait pu le faire...
Et pourtant...
J'habite la Réunion, c'est un fait. Mais suis-je habité par elle ? Et si oui (comme si non), comment cela se passe-t-il ?
Au fond, cette question est peut-être l'objet principal de ce blog...
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J'ai toujours pensé qu'on était plus habité par les personnes qu'on cotoie plutôt que par les lieux eux-mêmes (le présupposé était l'"indépendance" des lieux et des personnes). Partant de là, je pensais que je serais très longtemps "chez moi" à Paris (comme je n'ai rapidement plus été "chez moi" à Rennes) et que je mettrais du temps à être "chez moi" sur l'île.
Il me semble maintenant que ce n'est pas si simple que ça.
Au moins, il y a des gens, il y a des lieux, il y a des habitudes avec les gens, il y a des habitudes avec les lieux, mais il y a aussi des habitudes avec les lieux et les gens.
Il me manque encore presque tout ici, mais il manque également déjà des choses en métropole, car, si les liens avec les gens et dans une certaine mesure avec les lieux continuent, les habitudes se délitent.
Les gens autour de soi, qui, je continue d'en être convaincu, sont le centre de toute vie - ou encore son contexte - vivent également dans un contexte géographique.
Je suis sans terre car mes "contextes géographique, amical et familial" ne coïncident plus. Tous les réseaux d'habitudes sont à reconstruire... D'autant que les "habitudes" qui émergent ici sont bien loin de celles qui me guidaient avant...
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La vie est une drôle de chose. Je vais suivre les éclairs, comme quand on avait entendu le facteur de Mafate à la radio avec Selim et Elo... A suivre...
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