Les amis, le corps est une bien étrange chose.
.
A Paris, dès le printemps, mes fenêtres étaient ouvertes. Je n'ai jamais été particulièrement frileux, sauf pour la douche du matin. Au contraire même, je craignais plus la forte chaleur que le grand froid.
.
Ici, depuis un peu plus d'une semaine, j'ai froid. Pas vraiment pendant la journée, quand le soleil donne. Mais quand la nuit s'avance, son compagnon est la fraîcheur. C'est le froid qui me réveille au petit matin, bien avant la sonnerie de mon téléphone.
C'est, du point de vue de l'esprit, d'une absurdité confondante : la température ne doit pas descendre sous les 20°, ce qui, métropolitainement, est relativement doux.
C'est, du point de vue de la pratique, d'une parfaite idiotie : malgré la fraîcheur, je me couche mécaniquement, bercé dans le hamac, avec la caresse du vent sur la peau... ...et je tatonne frénétiquement le matin pour chercher mon drap et me mettre en boule dedans.
Toujours est-il que le passage dans l'hiver, c'est-à-dire une baisse comparativement infime de la température, m'enveloppe de froid, et rien n'y fait. J'ai été manger chez un de mes collègues la semaine dernière dans les Hauts de Saint-Denis et j'ai grelotté toute la soirée ; j'ai été passer une soirée chez Benoît vendredi, au milieu des champs de canne à Sainte-Marie, et j'ai eu froid quand mon hôte, fraîchement débarqué de métropole, ne portait qu'un short...
.
Et avec le froid vient le vent. Les alizés se sont levés et ils sont forts...
Du nord, on n'imagine pas l'hiver austral vécu comme tel...
2 commentaires:
Le point de vue de la mère: mets un pull mon petit garçon.
A mon avis le hamac convient plutôt à des températures du genre 30 degrés. Ici, quand nous avons 20 dans nos maisons, et que nous ne bougeons pas il nous faut un pull. Et nous dormons dans un lit, entre un matelas parfois de laine et une couette, un bon nid qui permet de laisser effectivement parfois la fenêtre ouverte. Les dormeurs ont besoin de se protéger du froid.
Je ne crois pas que ton corps soit bizarre. Il réagit comme d'habitude; il ne sait pas, lui, que tu es à la Réunion. A 20 degrés, immobile dans le sommeil, rythme cardiaque ralenti, il a froid si tu ne l'as pas mis dans un cocon. Il a ses deux pieds sur terre et ne se monte pas la tête plus haut que les épaules. Il ne sait rien des tropiques, ni du ciel austral; c'est toi qui voudrait lui faire croire qu'il ne devrait pas avoir froid. Mais il ne croit que ce qu'il sent.
Je comprends que tu le trouves agaçant. Mais tu as peu de chance de gagner si tu le défies. C'est lui le plus fort. Alors donne lui la couverture qu'il réclame. Maman
Je me suis déjà mis à ajouter des couches de vêtements : le soir, jamais sans ma veste.
Ton caractère frileux rend ta mémoire sélective : te souviens-tu de ces soirées à discuter dans la cuisine, où tu ajoutais pulls et gilets quand je restais tranquillement en tee-shirt et pieds nus sur le carrelage ? Bien sûr, "[le corps] ne croit que ce qu'il sent" ; sauf qu'il est tout à fait clair qu'il se met à sentir différemment. La tropicalisation, c'est un truc qui t'arrive ici : Inès m'avait raconté quand j'étais arrivé que pendant son deuxième hiver, elle avait été obligée d'ajouter un drap par rappot au premier, et qu'à partir du troisième, il avait fallu qu'elle ajoute une couverture. Ca m'avait fait rire ; plus maintenant.
Contrairement à ce que tu dis, le corps sait très bien qu'il habite ailleurs maintenant ; et c'est justement pourquoi je vais rajouter des couches de vêtements, et un drap voire une couverture.
Mais ouf, on a un redoux depuis quelques jours.
Enregistrer un commentaire