Pas de nouvelles de l'appartement aujourd'hui, mais les aventures financière et automobile ont avancé.
Je suis allé chercher ma carte bleue à la Poste ce matin. C'est parfaitement ridicule, mais je la trouve très jolie ; en même temps, l'autre faisait bien son âge après des périples européens et africains éprouvants, et j'ai attendu cette nouvelle avec tellement d'impatience que ça doit en partie expliquer cet émerveillement :-)
Dans cette bonne humeur, j'ai rappelé le Centre financier pour savoir où ça en était des chéquiers et de la gestion de comptes par InterNet. En outre, je venais d'apprendre que le plafond d'achat de la carte était à 3000 euros, ce qui est une somme - je ne l'avais évidemment jamais ne serait-ce qu'effleuré -, mais qui était insuffisant pour que je puisse faire les versements pour la voiture (une péripétie chasse l'autre). Et là, miracle, le son de cloche a été tout à fait autre que la fois précédente. La fille que j'ai eu au bout du fil a bien pris les choses en main. Elle m'a laissé attendre un moment, et avait toutes mes réponses à peine deux minutes après.
Le courrier pour les chéquiers n'avait toujours pas été reçu (après deux semaines !!!), mais elle a lancé l'opération quasiment en direct sans me demander un n-ième courrier : je devrais avoir un chéquier (en espérant que les courriers ne prennent pas un temps infini... mais ça semble plus rapide dans le sens métropole->Réunion). Pour la gestion de compte par InterNet, elle m'a dit que c'était en traitement (courrier reçu le vendredi précédent...). Et pour relever le plafond de débit, il suffisait d'un fax (en signant lisiblement pour pouvoir bien contrôler la signature... ...j'hallucine quand je pense au gars de la fois précédente qui exigeait un courrier manuscrit et refusait les fax pour la même histoire de contrôle de signature... quel enfoiré !!!) que j'ai envoyé dans la foulée ; l'opération devait être faite demain. J'avais demandé ("si possible") qu'ils me contactent pour me dire quand l'opération allait être faite, et j'ai été rappelé à peine une heure après. Je pouvais donc aller payer la première traite de ma voiture !!!
Bilan : la Banque Postale n'est pas plus pourrie qu'une autre banque, il suffit de (et il faut) tomber sur les bons interlocuteurs capables de saisir une situation tendue.
Petit coup de fil dans la foulée à la MAIF pour l'assurance de voiture. Je n'ai pas réussi à trouver le numéro de l'agence de Saint-Denis (et je me disais de toute façon qu'ils avaient de bonnes chances d'avoir des horaires aussi extravagants que les autres...), alors j'ai téléphoné à l'agence parisienne qui s'occupe du 11e. Mec super efficace aussi, j'ai reçu les estimations par mail dans les 10 minutes, et pour simplifier les affaires, il m'a fait continuer à être domicilié à Paris pour la MAIF (toute interruption de logement assuré oblige à défaire et refaire un contrat). Parfait.
Restait plus donc qu'à retourner voir mon gars de chez Fourque, le concessionnaire Citroën. Fidèle à lui-même (la bagnole a plutôt 77000 kms que 70000), mais en même temps, il m'avait de lui-même redescendu le prix à 12 800 euros. Le fait que la délivrance de carte grise soit inclue dans le prix n'est pas négligeable : elle coûte presque 300 euros...
J'ai utilisé pour la première fois ma belle carte toute neuve pour faire la plus grosse opération de ma vie : 3 200 euros d'un coup...
Paiement en quatre fois sans frais, ce qui m'assure d'être moins pris à la gorge que ce que je prévoyais.
Reste plus qu'à attendre les opérations de vérification et de maintenance de l'objet, qui justifient la garantie d'un an. J'ai hâte, j'ai hâte, j'ai hâte !!!
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Et puis ce soir, petit tour au théâtre. Je n'ai pas bien pu profiter de la pièce, j'ai eu un gros coup de barre, et j'ai pioncé 20 bonnes minutes (c'est-à-dire un bon tiers de la pièce). Très dommage parce que c'était super. C'était un monologue d'un zoreille qui raconte sa vie à la Réunion, avec en fond une femme qui a chanté (très bien) à plusieurs reprises. C'était non seulement très bien joué, mais aussi très intéressant et profond. C'était très axé sur la Réunion, mais ç'a fait écho à bien des choses que j'ai éprouvées au Mali : ça parlait de l'identité, du regard des autres, de la possibilité de continuer de se construire dans une terre qui n'est pas la sienne - où on te considère, par défaut, comme nécessairement de passage. Ca s'appelle Le Cadavre du Blanc.
Je vais essayer d'aller la revoir (en entier cette fois) dès que l'occasion va se représenter.
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Je me demande quelle place je vais trouver ici, moi qui suis, a priori, également de passage. Vais-je n'être qu'un "blanc" ?
Au Mali, bien des choses sont apparues dès mon premier séjour. Il est cependant clair que ce sont les retours qui ont fondé ma relation avec mes amis maliens. Le retour, en effet, est une sorte de preuve de l'attachement ; j'en avais un peu conscience, mais je l'ai pleinement réalisé avec cette pièce. Une installation, même longue, n'est la preuve de rien : elle peut n'être qu'une parenthèse au final non vite oubliée nécessairement, mais qui tient plutôt de l'expérience. Un retour, et plus encore des retours, cela tient de la suture entre des mondes, de l'interpénétration.
Pour le moment, je suis à Zamalia, et la situation est très différente même si j'ai probablement déjà commencé à abandonner mon cadavre de blanc. Le noeud est qu'ici, personne d'autre que moi ne le sait...
Mais pas de plan ou de fantasme sur l'avenir. Vivre d'abord. C'est bien assez.
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