lundi 20 octobre 2008

Une crémaillère

Vendredi a été une grosse journée. C'a commencé sur les chapeaux de roues, avec mon gars du garage automobile qui faisait le pied de grue devant l'INSEE pour me faire cracher mes chèques. Finalement, peut-être bien qu'il s'était vraiment engagé de lui-même et qu'il était bien angoissé ? Je lui ai filé ses chèques et mon attestation de loyer pour qu'il fasse directement la carte grise à la bonne adresse.
Je suis à peine de retour devant mon ordinateur que Claudine m'appelle sur mon portable pour me demander où je suis. Tout le monde te cherche, tu es où ? Bin... dans mon bureau, pourquoi ?
Et paf, je me fais engager pour participer à une réunion que j'avais fait passer à la trappe. On a pensé qu'il fallait que tu sois là puisqu'on parle de l'enquête-emploi... Trop gentil... Cette galère de réunion dure plus de deux plombes !!!! Je crois que je pourrais déjà consacrer un billet entier à Madame l'animatrice ; elle fait partie des rares personnes qui m'insupportent vraiment : quand la prétention est associée à la médiocrité, la vacuité, la mauvaise foi et à une certaine tendance à profiter des autres et à en dire du mal, j'ai quelques envies de mettre des baffes. Je n'ai jamais trop eu plaisir à dire du mal (sorti de la simple plaisanterie) des gens qui ne sont pas bons dans leur boulot, des "boulets" ; on peut toujours tomber un jour ou l'autre à un endroit où on n'est pas à sa place. Un pas est franchi quand il y a manifestement une envie de ne rien faire, de ne même pas essayer de faire ce qu'on peut quand son incompétence charge les collègues par ricochet. C'est le cas de Madame l'Animatrice de cette réunion de vendredi. Je n'ai jamais été avant dans une position qui me permettait de savonner des planches ; je l'ai maintenant et j'avais particulièrement l'occasion de la saisir. Et puis à la réflexion...
Je suis resté sobre ; je ne suis intervenu que lorsqu'elle délirait trop, et mettait en cause le boulot de mon équipe ou de ceux qui gravitent autour. L'enquête-emploi ici, elle est mauvaise ; il y a des 'missing' partout ; je ne peux rien faire à partir de ça ! Euh... Tu pourras m'envoyer tes programmes ? Tu as dû faire une erreur de programmation. C'est sûr que tout n'est pas parfait, mais les questions sont bloquantes : s'il y a des trous, le questionnaire n'est pas validé et tu ne l'as pas dans ta base. Le problème que tu évoques est impossible par construction.
Inutile de dire qu'elle s'est bien gardée de m'envoyer quoique ce soit... ...peut-être a-t-elle oublié ?
Le seul moment où j'étais été un peu méchant, c'est quand je lui ai donné du boulot. Comme cette réunion était nulle, on s'est dit qu'on allait en refaire une la semaine suivante. Mais ça restait flou sur ce que devait faire Madame l'animatrice. J'ai donc pris la parole, et ai proposé un programme de travail pour sa semaine à venir, avec des trucs à nous montrer la fois d'après... Avec le recul, je n'en reviens pas moi-même que j'ai osé ça. Mais tout le monde a emboîté : il me semble en fait que j'ai dit ce que tout le monde avait en tête, mais n'osait pas dire...
Je ne sais pas si je recommencerai ce jeu. Il ne m'amuse pas en fait. Défendre mon boulot et plus encore, quand il est injustement mis en cause, celui de ceux qui gravitent autour de moi, c'est une évidence. Mais mettre du savon, même quand la personne est méprisable, pffff... N'est-ce pas finalement assez nul aussi ? Ca m'interroge un peu, tout ça... Ce serait également différent si la nullité de Madame l'animatrice n'éclaboussait pas d'autres personnes ici qui doivent assurer ce qu'elle, dans la plus grande décontraction et la plus grande fatuité, ne fait pas. Je n'ai plus exactement la position qui était la mienne auparavant, et qui me permettait, dans une certaine mesure, de dire ce que j'avais en tête comme je le voulais : je ne risque ni plus ni moins pour moi-même, je pense, mais par contre, j'ai une influence...
.
Niveau taf, ç'a continué avec cette autre galère d'étude à partir de l'enquête "familles et employeurs" de l'INED que je traîne comme un boulet depuis deux bonnes années. On est sur la fin, c'est presque bon, sauf que ce n'est pas bon puisque la DARES (là, je n'ai pas envie de donner de responsabilités particulières, même si les systèmes sont toujours incarnés) fonctionne la tête à l'envers. Je ne suis pas non plus près de voir publier mon long document d'étude où je parle philosophie des classifications avec Bowker & Star ou Butler ou Foucault comme références...
J'avais terminé les graphiques dans l'aprèm, et je revenais de la cave à vin du Carrefour (où j'ai sympathisé avec le patron quand je lui ai raconté que je venais du sancerrois... du coup, j'ai eu droit à une dégustation ! :-)) quand Monique m'appelle. Je jette ma voiture sur le côté de la route à l'arrache... Et là, pfff, rien ne va... Elle en est dégoûtée elle-même il me semble. Mais qu'est-ce qu'une femme comme ça fout dans une galère pareille ? En même temps, elle est peut-être trop réglo pour pouvoir monter plus haut que chef de div et pouvoir faire rayonner son honnêteté intellectuelle... Enfin bref, retour à la DR pour lui re-transmettre un mail et discuter une bonne heure au téléphone. Après les deux heures de la semaine précédente, il s'avère que la publication de cet article dans l'ouvrage collectif INED va coûter cher en téléphone à l'administration !!!
.
Je reviens un peu amer à la case, et prends un peu de temps avant d'enchaîner sur les réjouissances du soir, à savoir la crémaillère de celui qui sait tout, et qui dit "toujours" pour une "habitude" prise la semaine précédente (12 septembre à midi : "ici, je prends toujours du couscous le vendredi !" ; "pour toutes mes mutations, je ..." (c'est pas ta première mut', ici ?) etc.)
Bon, je commence en étant un peu cassant sur le bonhomme. Mais il ne faut pas se tromper.
Je dois avouer qu'il me saoule un peu ; c'est clair que je ne pense pas m'en faire un "ami" et que je ne compte pas, de moi-même, multiplier les occasions de le voir. Cependant, évidemment, rien à voir avec la madame dont je vous parlais plus haut. Lui, je crois qu'il est gentil et ça ne me donne pas envie d'aller plus loin que la simple moquerie.
Enfin bref.
Donc, ce monsieur a des habitudes depuis "toujours" même quand il est dans la place depuis trois semaines (trois semaines, une éternité, après tout), il parle de façon catégorique, fort, rit encore plus fort qu'il ne parle, a toujours eu une aventure sur le sujet dont on parle (ou presque : quand c'est moins honorable, il a toujours un ami qui), finit toujours ses phrases quand il les a commencées (même quand la conversation a dérivé vers quelque chose d'autre).
Malgré la présence de Claudine, Bruno et al, je prévoyais donc de boire pendant cette soirée. D'où, d'ailleurs, le petit détour par la cave à côté du Carrefour pour me trouver deux bouteilles de vin (dont un Saint-Joseph particulièrement sympa, d'ailleurs...).
Il habite haut dans la Bretagne. Mais quand je dis haut, c'est vraiment haut. Genre qu'il y a des lacets comme dans la montage, dont un particulièrement ardu qui ne se prend qu'en première et où il manque (comme par hasard... enfin, en l'espèce, je pense que le hasard s'appelle "conséquence d'une erreur de route d'un automobiliste surpris") le poteau pour l'éclairage... J'ai failli me mettre dans le trou... (puisque, précision supplementaire, il y a des "trous" autour de pas mal de routes, et pas des "fossés" ; un trou est différent d'un fossé par sa largeur, et surtout par sa profondeur ; même un 4x4 vaillant ne sort pas d'un "trou").
Je suis particulièrement chanceux car j'ai trouvé sans faire erreur, et sans avoir besoin de passer un coup de téléphone ; j'aurai été le seul de la soirée :-D Comme je n'arrive pas tôt, je suis à l'autre bout de la table, pas loin des cakes et du punch. J'ai donc bu en attaquant sévèrement, mais finalement j'ai été raisonnable sur la soirée. Déjà, je me suis dit qu'il fallait réussir à descendre de la montagne (et c'est pas forcément facile beurré) ; et puis surtout ç'a été plutôt sympa.
On a réussi à faire notre vie en bout de table, mais je pense même que j'aurais passé un bon moment aussi de l'autre côté. Les convives, ça y fait :-) Un couple était là en particulier, lui je le vois souvent à l'insee, mais je n'avais pas encore percuté sa femme (qui doit pourtant être aussi parmi nous...) ; ils sont pas jeunes, mais ont gardé une vraie flamme, un punch et une grande drôlerie. Ils ont pas mal parlé de la Guyane, et des Touloulous :-)
Très bonne soirée !

Aucun commentaire: