samedi 27 septembre 2008

Je suis arrivé à Zamalia

Il y a trois semaines, j'ai posé mes pieds sur Zamalia.
Zamalia, j'ai piqué ce nom dans une chanson, et je le trouve beau comme tout. Sa généalogie est interlope (ici, on appelle l'herbe "zamal"), mais je le trouve très poétique et je l'ai adopté.
Mais cette ïle, on l'appelle aussi Réunion, ce qui est également un joli nom.
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Je suis tombé ici un peu par hasard ; ma destination, il y a quelques mois encore, c'était mon Mali, ma terre noire, ma terre chaude, ma terre belle et accueillante. Mais l'administration lente et tatillonne en a décidé autrement, et m'a proposé à défaut ce sud plus lointain que j'ai accepté.
Jusqu'à l'arrivée, je me suis demandé régulièrement pourquoi j'avais pris cette décision. Après tout, cette île, je ne la connaissais pas, je n'y connaissais personne. Rien ne m'y appelait. Ma vie parisienne me satisfaisait, j'y étais enraciné parmi des gens formidables, j'y avais cassé l'anonymat dans nombres d'endroits chaleureux... J'avais seulement décidé de mieux me métisser en partant pour mon Mali, et je ne partais pas pour partir ; mais dans une certaine mesure, je suis probablement parti car je m'étais fait à l'idée de m'envoler, car j'avais vécu toute une année avec cet envol en background...
Il y avait aussi le fait que ce passage par la Réunion pouvait être un excellent préliminaire, une clef extrêmement utile pour finalement arriver à Bamako.
Il y avait enfin ce simple appel du large. On peut bien sûr y répondre à tout moment de sa vie, mais il est des moments où la conjonction des astres est favorable : à la réflexion, que risque-t-on quand on est bien enraciné et heureux ?
"Ceux qui ont peur d'échouer n'osent rien faire !"
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Il paraît que les premières impressions ne s'oublient pas. Et les premières impressions de cette terre, pendant ces trois courtes semaines, ont parfois tenu du miracle. Il me faut les partager.
Je suis maintenant un sans-terre, car je n'ai plus d'endroit physique où être enraciné, où tisser les liens, où échanger avec ceux que j'aime et qui sont au loin. Or, comme dit un certain autre, "je sais (...) que la terre sur laquelle mes deux pieds appuient aurait besoin pour ne pas vaciller que d'autres que moi la foulent."
Ce blog, j'espère m'y tenir, va être mon utopie, mon non-lieu-physique, mon vrai-lieu-lien pour qu'on reste connecté !!

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