samedi 27 septembre 2008

Les jours avant l'arrivée

Avant d'aller plus avant dans la découverte de ma nouvelle vie, il faut que je dise quelques mots des moments qui ont précédé le départ. Il s'est en effet passé de très belles choses.
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La perspective du départ a densifié mes derniers jours à Paris. J'aurais préféré une tournée d'adieux, d'au revoir disons, plus longue et libre de toute entrave, mais on fait ce qu'on peut. Malgré le gros travail à finir à la DARES, je suis devenu vorace de cette vie que j'allais quitter, des amis chers à qui je pourrais toujours passer un petit coup de fil, mais à qui je ne pourrais plus donner rendez-vous aux Marcheurs de Planète ou au Dindon en laisse. Pour le dire vite (mais sans être très loin de la réalité), j'ai arrêté de dormir pour profiter. C'était un très bon choix.
Il y a eu bien sûr les soirées intimistes, à deux, trois, quatre, cinq. Je ne vais pas revenir dessus ici. Il y a eu les moments de peinture à l'appartement, à chaque fois très sympas.
Et puis il y a eu les deux grandes soirées, le samedi soir chez Ranzika et Stéphanie, et le mardi, le pot à la DARES qui s'est terminé dans la cave du Dindon en laisse.
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Cette soirée du samedi soir, je vais la garder longtemps dans mon coeur. Sur la route, je me disais que je n'étais pas tout à fait satisfait de l'invitation de Ranzika ; en arrivant à la fin d'août, je réalisais que ç'aurait été LE moment pour organiser une jolie fête d'au revoir, et je regrettais un peu de m'être engagé si longtemps avant. Quand on m'a ouvert la porte et que Maël et Linda m'attendaient derrière, ç'a été quand même un choc. L'idée de la "fête surprise" m'avait effleuré, mais l'organisation avait été tellement bien fichue que ça m'était bien sorti de la tête. Voir Maël seul (ou un autre du monde des ENSAIens) m'aurait déjà séché, mais avec Linda à côté, j'ai été franchement déstabilisé. Cela signifiait en effet (tout se bousculait dans ma tête en montant l'escalier) que beaucoup de gens pouvaient se trouver dans l'appartement et que les organisateurs avaient vu les choses en grand. En très grand même !! Le choc a été maximal en haut, en voyant ma petite môman - que j'avais quittée le midi même plein d'émotion -, et, par exemple, même Benoît - que seule Lucile connaissait... Le cerveau est vraiment un organe bizarre ; tout s'est déconnecté d'un coup et j'ai eu l'impression d'être sur une terre meuble. Tout ce monde réunit là pour moi ? Tout ce monde pour moi, dont certains ne connaissaient quasiment personne et qui avaient fait l'effort de se jetter dans la fosse aux lions ? Tout ce monde pour moi, dont certains pour lesquels je connais par ailleurs l'agenda toujours surbooké ? J'ai mis un peu de temps à m'en remettre, et j'ai passé un excellent moment. Je suis content de n'avoir réalisé vraiment le bonheur de cette soirée que de retour à la maison ; c'est là où je me suis mis à pleurnicher : ç'aurait été, au final, dommage que cela arrive avant car j'aurais moins profité de la soirée et de tout le monde. Une des choses que j'ai le plus appréciées, c'est que je n'ai pas été le centre et que les gens ont pu profiter les uns des autres, discuter agréablement avec des inconnus : ce n'était pas une messe.
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Et puis il y a eu le mardi. Le pot à la DARES a été un moment à la fois court et émouvant. J'ai été gâté physiquement (de bien jolis cadeaux), par la présence de nombreuses personnes qui m'ont dit des choses bien gentilles, dont Monique - une chef d'une qualité qu'il me sera difficile de retrouver -, improvisant un discours qui m'a beaucoup touché. Terminer cette journée dans la cave du Dindon en laisse a été une bonne idée : bien que moins mélangée que chez Ranzika (mais on n'avait pas toute la nuit, cette fois), c'était une soirée "comme avant" (enfumée), bruyante, joyeuse, libre.
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De ces moments, je retiens en particulier deux choses.
La première, c'est qu'ils n'ont pas été des rituels d'adieux. C'étaient à la fois des moments extraordinaires et d'émotion, et en même temps des moments presque ordinaires, comme si on allait se retrouver le lendemain, le sur-lendemain, la semaine suivante. Pour le dire autrement, c'étaient à la fois des moments tristes (car la coupure géographique, elle a ses conséquences, on en est tous conscients) et en même temps des moments qui m'ont donné une très grande force : je ne quitte personne, malgré la distance, je ne fuis rien, je suis entouré de gens nombreux, chaleureux, irremplaçables, que j'emmène dans mon coeur.
La seconde chose que je retiens, et qui m'est particulièrement apparue chez Ranzika, c'est que mes amis, même quand ils ne se connaissaient pas entre eux, se sont bien entendus, ont discuté ensemble, se sont souvent appréciés. Cela accentue cette sensation de force car cela me rassure sur moi : je ne dois probablement pas trop "tricher" sur moi, même à l'insu de mon plein gré, car mes bulles de vie et d'amitiés sont compatibles. Non seulement je suis entouré de gens bourrés de qualités, mais en plus, tous ces gens sont, pour ainsi dire, "connectables" (le mot est laid, très "informatique", mais j'en trouve pas de meilleur) : mon terreau de vie est sain.
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Merci de vous. Je vous aime :-)

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